| Débat militant | ||||||||||
| Lettre publiée par des militants de la LCR |
n°62
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1
avril 2005
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| Sommaire : | ||||||||||
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Bolivie : crise permanente, entre la réaction impérialiste et la mobilisation de masses |
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L'Europe
sociale, c'est l'Europe des luttes de la jeunesse et du monde du travail,
Non à l'Europe de Sarkozy et Hollande
Depuis
le 10 mars et la montée du Non dans les sondages, tout le monde, de la
droite à la gauche, discute de l'"Europe sociale". Jusqu'à
Chirac qui, sans crainte du ridicule et doublant Hollande sans grand mal, a
fustigé à Bruxelles les "théories du libéralisme",
prônant "une mondialisation contrôlée, humanisée,
maîtrisée". Face à la rue et aux manifestations,
libéraux et sociaux-libéraux découvrent brutalement la
question sociale, inquiets face aux mobilisations de la jeunesse et du monde
du travail qui préparent l'Europe des luttes, de la contestation et de
la solidarité internationale.
Malgré l'absence de soutien des syndicats, le mouvement lycéen
continue dans plusieurs villes sous forme d'occupations de lycées. Au
lendemain du vote de la loi Fillon, le mouvement continue à exiger son
retrait, défiant le gouvernement, le Parlement et les forces de l'ordre,
avec dans certains lycées le soutien de parents et d'enseignants qui
occupent aux côtés des jeunes.
Mais si les syndicats enseignants et lycéens et la FCPE ont finalement
appelé à manifester samedi 2 avril, rejoints par la CGT, ils ne
revendiquent même pas le retrait de la loi Fillon mais appellent à
"dire non à la casse du service public d'éducation et
exiger d'autres choix". On ne peut qu'espérer que le nombre
et la détermination des jeunes permettent au mouvement de rebondir, mais
les syndicats, eux, se sont de fait déjà inclinés. Comme
ils se sont inclinés pour les salaires, acceptant de participer à
des parodies de "négociations" même si, face aux exigences
de Dutreil, ils ont finalement refusé de signer.
Les
luttes ont transformé le climat politique
Le mouvement marque aujourd'hui le pas après la démonstration
de force du 10 mars, mais l'intervention des salariés et de la jeunesse
en lutte a transformé la situation politique. La montée dans les
sondages du Non au traité constitutionnel dès le lendemain du
10 mars en est l'expression directe.
En même temps que la jeunesse conteste le gouvernement et le Parlement,
la classe ouvrière est revenue sur le devant de la scène, exerçant
sa pression. Elle a transformé une succession de journées de mobilisations
prévues par les directions syndicales sans lien entre elles, en autant
d'étapes permettant de rassembler les forces.
Le mouvement a posé de façon large le problème des salaires
qui avait été occulté pendant des années sous la
pression du chômage et de la précarité mais aussi du chantage
à la crise, à la compétitivité des entreprises...
et au nom des 35 heures. Et même si les centrales syndicales se sont prêtées
au jeu du gouvernement organisant des négociations séparées
pour le public et le privé, la manifestation du 10 mars a imposé
comme revendication centrale de tous les travailleurs la revendication salariale.
La
résurgence de 2003 et un début de vengeance
Deux ans après l'échec du mouvement de 2003 contre la réforme
des retraites, le mouvement a redémarré, affirmant que nous n'étions
pas vaincus. L'échec d'alors, comme les tentatives de lutte contre la
mise à mal de l'Assurance maladie et les bilans tirés au cours
de ces deux années ont opéré des transformations dans les
consciences. Le mouvement a exercé sa pression sur les syndicats, sur
l'opinion. La nécessité d'unir les forces, privé et public,
s'est exprimée largement dans la rue, de même que la rupture d'une
partie importante du monde du travail avec la politique du "diagnostic
partagé".
Et cette fois, même si c'est à la marge, le mouvement a obligé
le gouvernement à commencer à reculer. Un recul modeste, qu'il
veut assortir de nouvelles attaques et qui ne peut satisfaire personne mais
qui renforce et encourage la contestation. La grève pour les salaires
qui a eu lieu il y a quelques jours dans les magasins Carrefour pour la première
fois depuis 50 ans en est l'expression. La révolte est profonde et la
conviction d'être dans son bon droit et de pouvoir commencer à
rendre les coups, à changer le rapport de forces, s'étend à
de nouvelles fractions de la classe ouvrière, en particulier parmi la
jeunesse ouvrière.
La
campagne pour le référendum révèle la complicité
de la droite et de la gauche libérale
Parallèlement au mouvement social, sous sa pression, la campagne pour
le référendum met en lumière les hypocrisies, les connivences
et les ressemblances, à l'image du nouveau couple Sarkozy-Hollande posant
à la Une de Paris Match. Droite et gauche libérale apparaissent
plus que jamais complices, s'appelant mutuellement à la rescousse pour
faire triompher le Oui. Au lendemain de l'annonce des 0,8 % dans la Fonction
publique, Ayrault n'a rien trouvé d'autre à reprocher au gouvernement
qu'"une attitude un peu de panique, un peu de faiblesse et d'improvisation"
Aussi, si en 2004, le monde du travail a pensé ne pas avoir d'autre choix
possible pour se venger que de voter à contre cur pour ceux qui
l'avaient trompé, aujourd'hui, les ruptures en cours s'expriment à
travers la montée du Non, un non de condamnation du libéralisme
et du social libéralisme. Et les salariés, loin de craindre un
nouveau 21 avril dont le PS essaie d'agiter l'épouvantail, veulent au
contraire effacer le 5 mai 2002 et les défaites qui nous ont été
imposées par la droite et ses alliés de gauche.
Notre Non au traité, celui du monde du travail est un Non de lutte. Et
loin de préparer 2007 et les futurs retournements déjà
annoncés et trahisons prévisibles, il est un outil pour uvrer,
en toute indépendance de classe, à la généralisation
de la contestation de la politique des classes dominantes, du capitalisme. Quel
que soit le gouvernement qui sortira de la crise qui s'annonce, les travailleurs
sauront se préparer à faire valoir leur droit.
Affirmer
une politique de classe indépendante
Dans le "camp du Non", les manuvres en tous genres se poursuivent.
Le dernier retour en date est celui de Chevènement, qui vient d'offrir
ses services à ses anciens compères ministres pour participer
à une "reconstruction" de la gauche.
Tournant le dos à toutes ces contorsions, le monde du travail et la jeunesse
voient dans le Non l'occasion de dire ce qu'il pense à la droite comme
à la gauche libérale, de contester leurs politiques. Le mouvement
a exprimé la rupture en cours des salariés avec l'idéologie
libérale, la volonté d'exiger son dû, de prendre une revanche
sur les reculs subis depuis des années alors même que les syndicats
sont profondément dominés par cette idéologie, s'inclinant
devant la logique libérale, prisonniers du calendrier et des cadres fixés
par le patronat et le gouvernement.
Mais l'émancipation en cours des pressions social-libérales laisse
un espace vacant pour un renouveau du réformisme autour du PC. Dégagé
de son passé stalinien, cherchant à prendre ses distances avec
sa participation toute récente au gouvernement en en parlant le moins
possible, le PC tente d'occuper le terrain de la contestation pour mieux préparer
son "alternative". La campagne pour le Non est pour lui l'occasion
d'essayer de se construire à moindre frais une nouvelle image et de regrouper
autour de lui ceux qui peuvent l'être.
Face aux illusions qui spontanément réapparaissent, un large travail
militant est nécessaire pour défendre les intérêts
du mouvement en toute indépendance de classe. L'apprentissage des idées
de la lutte de classes n'est pas spontané. Une volonté militante
et tenace est nécessaire pour contribuer à ce que le monde du
travail ose défier les classes dominantes et contester leur droit à
diriger la société, pour aider à l'émancipation
des préjugés réformistes qui découlent de la domination
idéologique et morale de la bourgeoisie. Le monde du travail a besoin
de tirer les enseignements du passé, de s'organiser, de se regrouper
à travers les prochaines étapes du mouvement pour imposer des
mesures d'urgence sociale et démocratique et le contrôle des salariés
et de la population sur la société.
Personne ne connaît les prochaines étapes du mouvement après
le 2 avril mais, d'ores et déjà, la journée du Premier
mai sera l'occasion d'une nouvelle démonstration de forces et de contestation
du monde du travail, d'internationalisme, et le lundi de Pentecôte qui
commence à se discuter dans les entreprises pourrait bien prendre valeur
de symbole, l'occasion de dire leurs quatre vérités à Raffarin
et ses amis.
C'est ce que nous pourrons dire aussi dans les urnes le 29 mai, en affirmant
un Non de lutte et de contestation sociale, en même temps qu'un Non internationaliste,
pour une Europe des travailleurs et des peuples.
Carole
Lucas
Les jeunes des lycées gardent le tonus, trouvent de nouvelles formes d'action, s'invitent au débat politique...
Cela fait
maintenant deux mois que la jeunesse lycéenne a fait irruption sur la
scène politique, deux mois d'une lutte effrénée où
des milliers de lycéens sont descendus dans la rue menaçant le
gouvernement et remettant au goût du jour la contestation et le combat
social.
Le mouvement lycéen a connu plusieurs étapes, se transformant
et essayant à chaque instant d'expérimenter de nouvelles formes
de lutte lui permettant de se renforcer et de s'étendre mais également
de répondre aux obstacles politiques auxquels il était confronté.
Ses ressources militantes continuent d'étonner : même si les
syndicats ont abandonné les lycéens, ceux-ci, au moyen des blocages
et occupations, continuent de manifester leur refus de la loi et trouvent encore
une occasion de s'adresser à l'opinion.
Si la journée de grève de jeudi 31 mars n'a pas rencontré
un large écho et augure mal de la mobilisation pour la journée
d'action de l'ensemble de l'éducation le samedi 2 avril, il faut dire
que les syndicats ont tout fait pour étouffer le mouvement. Ils ne mettent
même pas en avant l'abrogation de la loi Fillon, objectif qu'ils n'ont
jamais réellement soutenu.
Dans les jours à venir, alors que les manifestations ont perdu leur caractère
massif, une nouvelle étape est à franchir : poursuivre la
lutte dans le débat politique, organiser et renforcer la démocratie,
préparer le terrain à de futures confrontations sociales d'ampleur.
Il s'agit de faire en sorte que l'expérience accumulée durant
les semaines passées, loin de se dissiper, se retrouve dans de nouvelles
formes d'organisations.
Cette expérience a débuté dès la fin du mois de
janvier quand des lycées de banlieue parisienne se mettent en grève
en solidarité avec leurs profs mobilisés et pour s'opposer à
des suppressions de filières, au manque de profs et de moyens, à
la présence de flics à l'entrée de leurs bahuts. Rapidement
la révolte explose contre les inégalités sociales et se
cristallise contre Fillon et sa réforme. Pour se structurer, s'élargir
et se généraliser à l'échelle nationale, le mouvement
s'appuie sur les journées d'action des profs et des salariés.
Puis la tendance s'inverse : en même temps qu'il se structure par le biais
de coordinations locales et nationales, le mouvement en plein développement
dépasse les rythmes fixés par les syndicats enseignants et se
fixe ses propres échéances.
Le mouvement s'amplifie : le 10 février, 100 000 lycéens
manifestent dans toute la France. L'inquiétude du gouvernement incite
Fillon à reculer en retirant le volet bac du projet de loi, tentant ainsi
de désamorcer la mobilisation. Les lycéens ne sont pas dupes de
la manuvre. Cette annonce, au contraire, est perçue comme la démonstration
qu'il est possible de faire reculer ce gouvernement qui, depuis 2003, semblait
inébranlable. La spontanéité fait place à la détermination :
les lycéens sont prêts à se mobiliser sur la durée
pour obtenir le retrait total du plan Fillon.
Le gouvernement change de stratégie et choisit de passer en force en
se servant des vacances décalées des différentes académies
pour imposer sa loi par la procédure d'urgence. Pour dépasser
l'obstacle des vacances, le mouvement cherche, non sans difficultés,
à renforcer son organisation à la base de façon démocratique
et pousse pour la mise en place d'AG locales électives pour donner plus
de poids et de légitimité à la coordination. Les lycéens
essaient également de nouer des liens avec les profs, cherchant à
exercer une pression pour étendre la lutte.
Le 8 mars, toutes les académies sont rentrées de vacances et malgré
le vote de la loi au Parlement, 165 000 lycéens se retrouvent dans
la rue. Ainsi les lycéens qui ne reconnaissent aucune légitimité
au Parlement répondent à la provocation de Fillon : " La
loi ne se fait pas dans la rue. ". Cependant, face à l'absence
des étudiants et à la très faible mobilisation enseignante,
les lycéens prennent conscience de la difficulté d'entraîner
les profs et de l'inertie des directions syndicales.
Isolés dans les manifestations, les lycéens se retrouvent à
Paris confrontés au problème des "casseurs" : une
fraction de la jeunesse se retourne contre la mobilisation et attaque les manifestations.
Les lycéens sont choqués et déroutés. Cet événement
révèle, comme un électrochoc, les faiblesses de l'organisation
du mouvement. Se pose la nécessité d'accroître l'auto-organisation
et la démocratie à la base pour pouvoir se " protéger "
d'une part, et pour instaurer un rapport de forces suffisant capable de faire
basculer ces jeunes de la violence individualiste à la lutte collective,
d'autre part.
Le 10 mars, les lycéens se retrouvent aux côtés des salariés
du public et du privé. L'ampleur des manifestations confirme l'existence
d'un profond mécontentement dans la société. Les lycéens
tentent de nouveau d'exercer leur pression pour donner une suite à cette
journée. Les directions syndicales font barrage révélant,
une fois de plus, leur politique de frein au mouvement social.
Le 15 mars, sous la pression, les syndicats enseignants appellent à une
journée de grève commune, mais sans relayer véritablement
l'appel. Les manifestations sont à la baisse et très peu de profs
sont présents. A partir de ce moment-là, les syndicats lycéens,
proches du Parti socialiste, changent d'orientation et décident d'enterrer
le mouvement. Faute de soutien, la mobilisation change de forme : les lycéens
s'engagent dans une politique de blocage de leur bahut. Les occupations se multiplient,
permettant, dans une certaine mesure, au mouvement de se poursuivre.
Le 24 mars, jour de l'adoption définitive de la loi, les manifestations
ne regroupent plus que 10 000 personnes. Cependant, les coordinations parisiennes
et nationales continuent de rassembler un nombre important de lycéens
et sur certaines villes comme Toulouse, la mobilisation se prolonge. Elle reprend
aussi dans de plus petites villes, voire y commence. Le mouvement garde sa vitalité
et ses capacités d'initiatives. La fraction la plus radicale reste mobilisée
et s'il apparaît qu'il sera difficile d'avoir raison du gouvernement et
de ses alliés, cela n'est en rien vécu comme un échec.
L'adoption de la loi n'entraîne pas de démoralisation.
Se pose aujourd'hui la nécessité de franchir une nouvelle étape :
au cours même des nouvelles initiatives, s'organiser et mener le débat
politique largement pour que la jeunesse s'invite aussi dans le débat
politique. Comment préparer les prochaines confrontations sociales ?
Comment construire un rapport de forces plus favorable ? Comment se dégager
du poids des directions syndicales ? Comment faire vivre la démocratie
réelle, celle de la rue, de l'organisation collective, qui met à
mal les simulacres de démocratie parlementaire ? Voilà les
questions qui se posent au mouvement lycéen, mais aussi à l'ensemble
du mouvement social.
Par sa spontanéité, son énergie, ses initiatives, la jeunesse
qui a osé défier le gouvernement, a également contribué
à ce que des journées syndicales isolées et, en particulier
le 10 mars, soient de véritables succès regonflant le moral des
salariés.
Dans un climat social de mécontentement grandissant, les lycéens,
en exprimant leur rejet d'une société profondément inégalitaire
et leur aspiration à un avenir plus juste, pose la question d'une transformation
de la société, à laquelle ni le parlementarisme, ni les
compromis du social-libéralisme ne répondent. Les courants réformistes
qui finissent toujours par avancer comme unique débouché aux luttes
sociales l'alternance ou l'alternative parlementaire, la bonne réforme
de gauche, ne nous seront d'aucune aide.
Dans ce débat, les jeunes ont à dire leur mot, à apporter
leur expérience, leur révolte contre les appareils qui les ont
laissé tombés. Ils ont un rôle à jouer, en lien avec
les salariés, pour que se construise une nouvelle combativité,
dégagée des routines des appareils, une conscience de classe politique,
ouvrant la voie aux perspectives révolutionnaires.
Les jeunes s'invitent aussi dans la campagne pour le référendum
pour dire Non et rejeter l'Europe des financiers sans se soucier des calculs
des partis institutionnels pour 2007.
Ils affirment leurs aspirations à la fraternité et à la
coopération des peuples, à la disparition des frontières
politiques et sociales entre les hommes, ils votent pour les Etats-Unis socialistes
d'Europe contre l'Europe de la concurrence et du marché.
Clarisse
Fango
Débat autour du projet de Manifeste
de la LCR :
Nouvelle force anticapitaliste ou parti révolutionnaire des travailleurs
Voilà
maintenant plusieurs semaines que notre organisation a mis en discussion un
projet de Manifeste pour la LCR et a invité à y participer tous
les courants et militants qui se sentent partie prenante d'un projet de transformation
de la société.
Une telle initiative, unique en son genre, est non seulement un signe de bonne
santé démocratique, mais offre également la possibilité
que se tienne un débat de la plus haute importance pour tous ceux qui
mènent le combat pour une société socialiste et communiste,
débarrassée de l'exploitation. Dans son numéro du printemps
2005, Critique communiste a consacré une large place au débat
sur le Manifeste, ouvrant ses colonnes à des militants d'autres courants
politiques. Quelles transformations se sont opérées au sein de
la société, et par suite dans les consciences, au cours de cette
nouvelle phase de développement capitaliste qu'est la mondialisation ?
En quoi l'évolution des anciennes forces traditionnelles du mouvement
ouvrier, le renouveau des luttes depuis 1995, l'accentuation de l'offensive
de la bourgeoisie rendent nécessaire et possible un nouveau parti du
monde du travail ? Peut-on changer la société sans remettre
en cause ses institutions et ce qui en est le fondement essentiel, la propriété
privée capitaliste ? Quel visage peut avoir le nouveau pouvoir des
opprimés qui naîtra de la révolution, quelle en sera la
vigueur démocratique ?
Toutes ces questions se posent, bien au-delà de notre organisation, à
tous les militants qui partagent la volonté d'agir dans le sens des intérêts
des opprimés. Débat, discussion et confrontation sont nécessaires,
ils participent, en même temps que les luttes, au renouveau du mouvement
ouvrier.
Nous reviendrons sur différents aspects de la discussion mais nous voudrions
d'abord aborder la question de la " nouvelle force anticapitaliste ",
à laquelle est consacré le chapitre 10 de la version du Manifeste
éditée dans le bulletin de débat.
Il faut d'abord souligner, en préalable, à quel point, à
notre sens, le problème de la construction d'une nouvelle force est légitime
et d'actualité, à quel point la nouvelle période dans laquelle
nous nous trouvons en fait une question concrète. C'est sur les contours
et le programme de cette nouvelle force, parti anticapitaliste ou parti révolutionnaire
des travailleurs, que porte pour nous le débat.
Dans sa rédaction actuelle, le chapitre 10 cristallise l'ambiguïté
contenue dans l'ensemble du texte. Il conclut avec une certaine cohérence
un Manifeste qui se présente davantage comme la définition d'une
tendance anticapitaliste au sein d'une alternative à gauche face au social-libéralisme,
que comme le programme d'un parti révolutionnaire. Sont en cause essentiellement
deux questions, celle de la position de cette " nouvelle force "
par rapport à la gauche et celle de la participation à un gouvernement
dans le cadre des institutions bourgeoises.
Une
force en rupture avec la gauche gouvernementale et la politique du diagnostic
partagé
L'abondance des formulations qui tendent, dans le Manifeste, à définir
la nouvelle force comme " une gauche dans la gauche ",
" l'autre partie de la gauche ", " une
gauche 100 % à gauche ", " une vraie
gauche "
et l'insistance avec laquelle est affirmée
la pertinence du " clivage droite-gauche " efface
ce qui devrait être, à notre avis, le clivage essentiel : réforme
ou révolution.
La rupture à opérer n'est pas seulement une rupture avec les partis
de la gauche, le PS et ses alliés, qui ont été au gouvernement
ou s'apprêtent à y retourner mais une rupture avec les choix politiques
qui ont conduit ces partis à tous les reniements et capitulations, c'est-à-dire,
au mieux pour les plus sincères, les raisonnements réformistes.
Il s'agit, au moment où apparaît clairement aux yeux d'une fraction
significative des travailleurs et militants du mouvement ouvrier, la faillite
de cette gauche gouvernementale et des directions des grandes confédérations
syndicales, d'affirmer une perspective révolutionnaire. Celle-ci apparaît
lointaine, nous opposera-t-on, elle est pourtant en lien direct avec les problèmes
que se pose le mouvement social après son échec du mouvement de
2003 et sa mobilisation récente : comment, autrement dit, préparer
une contre-offensive d'ensemble, regrouper les forces qui y tendent, favoriser
l'organisation et le contrôle de leurs luttes par les travailleurs eux-mêmes ?
Sur quelle base ? En opposition à la politique du diagnostic partagé
de la gauche et des directions syndicales, et au-delà, à la politique
d'adaptation qui a conduit ces directions à leur capitulation actuelle.
Une perspective révolutionnaire, concrètement aujourd'hui, c'est
la perspective de la construction d'un parti des luttes, un parti qui, tout
en ne délaissant aucune bataille politique, y compris les élections,
soit avant tout le parti de l'opposition ouvrière la plus résolue
à la politique du patronat et de son gouvernement, quel qu'il soit, et
fasse des luttes sociales son terrain d'action prioritaire. Un parti dans le
cadre démocratique duquel tous ceux qui travaillent d'ores et déjà
à la préparation d'un mouvement d'ensemble pourraient unir leurs
efforts.
Il ne s'agit pas de disputer au PC, pour peu qu'il reste indépendant
du PS, le rôle d'une " bonne gauche ", mais
bien d'une force en rupture claire avec cette politique, une force non seulement
anticapitaliste mais démocratique et révolutionnaire, en rupture
avec le système et ses institutions.
Gouvernement
" au service des " travailleurs ou gouvernement " des "
travailleurs
Autre question essentielle posée par le chapitre 10, c'est celle de la
participation de cette " nouvelle force " à un gouvernement.
La question d'un gouvernement des travailleurs, est, à notre sens, parfaitement
légitime, mais le Manifeste dans sa rédaction actuelle n'exclut
pas une participation à un gouvernement dans le cadre des institutions
bourgeoises. Les formulations " débouché anticapitaliste ",
" gouvernement au service des travailleurs ", sont
précisées par la définition du programme du gouvernement
auquel la LCR pourrait participer (réforme fiscale égalitaire,
fin des institutions de la 5ème république, incursions dans la
propriété privée, sortie de l'Otan, aller " vers
une appropriation sociale ").
Toute l'expérience passée du mouvement ouvrier, mais aussi l'expérience
récente du Parti des Travailleurs au Brésil, montrent qu'aucun
programme, fût-il anticapitaliste et même plus radical que celui
avancé dans le Manifeste, ne constitue une garantie de " fidélité
aux intérêts des travailleurs ".
Le seul gouvernement auquel pourrait participer un parti révolutionnaire,
à notre sens, ce n'est pas un gouvernement " au service
des travailleurs ", débouché politique aux luttes
sociales mais un gouvernement des travailleurs et de leurs organisations, issu
d'une mobilisation sociale débouchant sur le contrôle de l'économie
par les travailleurs et la population et l'émergence d'organes de pouvoir
des travailleurs eux-mêmes.
Un
parti des luttes aujourd'hui, de la lutte pour le pouvoir des travailleurs demain
Ces deux questions renvoient à une série de problèmes qui
traversent tout le Manifeste. C'est sur le mouvement altermondialiste que le
Manifeste, dans sa rédaction actuelle, met l'accent sans indiquer quelle
politique les révolutionnaires doivent y défendre. La place centrale
de la classe des salariés, en tant que moteur de la transformation sociale,
devrait être affirmée avec beaucoup plus de force. Il s'agit d'affirmer
la continuité du combat de la classe ouvrière et du combat révolutionnaire,
d'en formuler les acquis théoriques que le mouvement trotskyste a permis
de préserver, de redonner vie aux idées du marxisme révolutionnaire.
Un de ces acquis théoriques est la nécessité d'une rupture
révolutionnaire, du renversement de l'Etat bourgeois, et du combat pour
la disparition des classes et, par suite de l'extinction de l'Etat. Si la formule
de la dictature du prolétariat n'est pas forcément la meilleure
aujourd'hui, trop souvent assimilée à la dictature sur le prolétariat
qu'a été le stalinisme, le contenu en est pleinement d'actualité,
alors que s'affirme toujours plus clairement la dictature du marché.
La prise du pouvoir par les travailleurs veut dire renversement du pouvoir de
l'Etat et construction d'un nouveau pouvoir sous le contrôle de la population,
dissolution de l'armée permanente, de la police et de la justice, participation
de toute la population aux tâches de maintien et de défense du
nouvel ordre social.
Unir
autour d'un plan d'urgence sociale et démocratique
Pour assurer le rôle qui est le sien, être le levier des transformations
sociales, leur instrument, un pouvoir des travailleurs devra prendre un certain
nombre de mesures autoritaires, les seules à même d'assurer une
démocratie véritable, l'expropriation des trusts et la nationalisation
sous contrôle de la population, dans un organisme unique, de toutes les
institutions et sociétés financières et bancaires, la dissolution
de la Bourse.
Ces mesures devraient être en filigrane de la définition d'un plan
d'urgence sociale et démocratique conçu comme un programme de
revendications transitoires partant des besoins immédiats et fondamentaux
des travailleurs et de la population et débouchant sur la lutte pour
le pouvoir des travailleurs. Il ne s'agit pas seulement des revendications elles-mêmes,
revendications remettant en cause la propriété privée,
mais du contrôle des travailleurs sur l'économie, leur mobilisation
et leur organisation pour assurer un tel contrôle, la perspective de la
lutte pour le pouvoir, d'un gouvernement des travailleurs et de leurs organisations,
issu de ces mobilisations et appuyé sur un large réseau d'assemblées
de travailleurs exerçant directement le pouvoir.
Cette conception qui sépare d'un côté les luttes sociales,
de l'autre le débouché politique est celle qui caractérise
le raisonnement réformiste. Le problème aujourd'hui, pour le mouvement
ouvrier, est d'intervenir sur le terrain politique, en exerçant sa pression,
en faisant prévaloir ses revendications, en se fixant comme objectif
d'en obtenir la satisfaction, quel que soit le gouvernement en place.
C'est autour d'un tel plan d'urgence sociale et démocratique que peut
s'affirmer le projet de construction d'un nouveau parti, parti des luttes des
travailleurs, aujourd'hui, et demain parti de la lutte pour le pouvoir des travailleurs.
Galia
Trépère
Bolivie : crise permanente, entre la réaction impérialiste et la mobilisation de masses
Depuis
des années, la chronique de la vie sociale et politique de la Bolivie
est celle d'une crise politique et sociale : présence des masses,
ouvrières, paysannes, populaires, dans les rues, mobilisation pour les
revendications immédiates, pouvoir bourgeois chancelant et puissance
des organisations populaires, lutte politique acharnée. Néanmoins,
en même temps, la situation semble se répéter. Il y a une
continuité des luttes de plus de 50 ans, fantastique réfraction
concentrée de la situation mondiale dans ce petit pays arriéré
et pauvre. Essayons simplement de comprendre les questions fondamentales et
de résumer les problèmes clés.
Crise
de la domination impérialiste
La présentation habituelle des événements en Bolivie (voir
par exemple Rouge du 24 mars) est celle d'une " crise du néolibéralisme "
dans laquelle le pays entre en 1985. Cette présentation facilite bien
sûr la présentation des forces opposées à ce néolibéralisme
comme progressistes et comme alternative au régime. C'est une erreur
complète.
C'est évident que la Bolivie a connu des changements à partir
de 1985 mais ils s'inscrivent complètement dans le cadre de la domination
impérialiste du pays, son développement inégal et combiné.
Le pillage des ressources naturelles comme forme privilégiée d'intégration
à l'économie mondiale a continué et s'est accentué.
Le gaz a pris la place de l'étain. Mais le "néolibéralisme"
s'est manifesté par la liquidation des entreprises minières étatisées,
la privatisation des services publics, l'endettement, un parasitisme accentué
de l'appareil d'Etat, un développement capitaliste encore plus rachitique.
Le cadre politique est la "démocratie" y compris l'existence
des partis de gauche et, pourquoi pas, leur arrivée au pouvoir. En Bolivie,
il faut ajouter la culture de la coca comme activité paysanne de survie
et de défense sociale et la répression impérialiste au
nom de lutte contre le narco -trafic...
Toute cette construction rentre en crise à partir de la rébellion
de l'eau (Cochabamba, avril 2000) et prend une tournure révolutionnaire
quand la mobilisation des masses fait tomber le gouvernement de droite de Gonzalo
Sanchez de Lozada, dit Goñi, en octobre 2003. La rébellion populaire
conjugue la mobilisation de la population de El Alto contre l'entreprise privatisée
de l'eau (filiale du groupe Suez). L'opposition au montage impérialiste
de l'exploitation du gaz et son pillage et la protestation de masses urbaines
et ouvrières mais aussi paysannes et indiennes contre ses conditions
de vie. La rébellion s'exprime avec des méthodes révolutionnaires
connues et aussi avec l'occupation de routes, de rues et de quartiers...
Les formes de domination impérialiste et politique rentrent en crise.
L'opposition au pillage du gaz, à la privatisation de l'eau, à
la misère et à la répression de la paysannerie et des ethnies
indigènes, est aussi une mobilisation contre le gouvernement et contre
le régime politique bourgeois démocratique. Dans ce sens, c'est
aussi une crise de l'ensemble du système impérialiste et des formes
qu'il s'est donné dans la région. Washington réagit avec
cette compréhension de la signification de la crise en Bolivie. Pour
l'administration Bush, c'est un événement considérable
et pas une rébellion sans lendemain.
L'axe
Lula-Kirchner-Chavez
La solution politique provisoire de la crise d'octobre 2003 présente
une modalité nouvelle : l'impérialisme demande et obtient
l'intervention directe des gouvernements Lula et Kirchner. Les forces progressistes
de l'Amérique Latine coopèrent avec Bush pour mettre en place
un gouvernement de pacotille dirigée par la vice-présidence de
Gonni, Carlos Mesa. La bourgeoisie bolivienne, ou ce qui en fait office, ne
dispose pas de partis politiques avec un minimum d'assises et d'autorité
après la dislocation du parti nationaliste -le MNR- et le régionalisme
séparatiste.
Il est difficile d'exagérer l'importance d'Evo Morales et du MAS. Sans
sa complicité, la " solution " d'octobre 2003 n'aurait
pas été possible et la rébellion des masses aurait pu se
développer, au lieu d'échouer politiquement, sans obtenir satisfaction
sur aucune revendication. Maintenant c'est au gouvernement de Mesa d'organiser
et mettre en place un schéma d'exploitation du gaz favorable à
l'impérialisme, avec le maintien des privilèges accordés
aux entreprises privées.
On ne peut pas s'orienter dans les événements d'un pays comme
la Bolivie sans comprendre que les partis politiques de "gauche" avec
Lula et Kirchner comme éléments structurants, jouent maintenant
un rôle directement opposé aux intérêts des masses.
Un parti comme le MAS qui développe dès sa formation une pratique
d'adaptation à l'Etat bourgeois, parlementaire et électoraliste,
passe tout naturellement à une offre de services à la bourgeoisie
et l'impérialisme, même s'il se désigne lui-même comme
un " mouvement vers le socialisme ".
Le parti d'Evo Morales qui est né comme un mouvement de défense
de paysans qui cultivent la coca et s'est transformé en candidat au pouvoir
comme parti " progressiste " après avoir obtenu
20 % de voix à l'élection présidentielle de 2002,
trouve son inspiration politique et financière à la fois chez
Lula, Kirchner et Chavez. Mais ces trois sources rentrent en contradiction.
Pour l'impérialisme, les difficultés de la Bolivie (y compris
avec des tendances sécessionnistes de la bourgeoisie de Santa Cruz qui
rêve de s'emparer pour son propre compte du gaz) font partie des mêmes
questions qu'au Pérou et en Equateur à cause de la fragilité
de l'Etat bourgeois et au Venezuela, dans son effort de contrôler les
sources d'énergie et d'éviter tout mouvement de contestation.
Chaque jour, le Département d'Etat, le Pentagone et Bush lui-même
proclament la nécessité de " contenir "
Chavez et de soutenir le gouvernement de Bolivie. Donald Rumsfeld vient de faire
une tournée au Brésil et en Argentine où il fut reçu
par Lula ; Bush vient de prendre son téléphone pour joindre
Kirchner. Ces conversations sur le Venezuela et la Bolivie sont un événement
politique et indiquent que l'impérialisme est en train de préparer
une autre option, basée sur la force militaire. La fonction politique
d'Evo Morales s'épuise très rapidement et l'axe nationaliste latino-américain
se dissout face à la pression de Washington.
Il faut apprécier d'une manière concrète les contradictions
qui traversent les formes de domination de l'impérialisme et les régimes
bourgeois de chaque pays, les questions de contrôle des ressources énergétiques.
La France et l'Espagne d'un côté et les Etats-unis de l'autre ont
des positions différentes et parfois opposées : ventes d'armes
de l'Espagne à Chavez, participation de Total et Repsol dans l'exploitation
du pétrole. Mais les oppositions ne changent pas la nature sociale et
politique des uns et des autres.
Il faut combattre chacune des manifestations de la domination impérialiste
y compris quand elle a en face un gouvernement bourgeois et il faut le faire
avec les méthodes et le programme de la classe ouvrière et des
exploités. C'est aussi un fil conducteur à garder devant les croisements
des intérêts et des objectifs des Etats et des classes sociales
face à la crise de la Bolivie, des pays andins et de l'agression de l'impérialisme
contre le Venezuela.
Les
difficultés du mouvement de masses
La mobilisation d'octobre 2003 et les interventions des dernières semaines
des masses boliviennes s'inscrivent à la fois dans une longue histoire
nationale de lutte et dans le cadre des soulèvements et grèves
de l'Equateur, l'Argentine, le Pérou, avec à la fois, des interventions
concentrées de la classe ouvrière et l'apparition des nouvelles
formes d'organisation et mobilisations, comme les " piqueteros ",
l'occupation de rues, les organisations de quartier. Les masses paysannes et
indigènes sont aujourd'hui beaucoup plus présentes politiquement
que dans le passé.
Les difficultés politiques sont énormes. Depuis 50 ans, le programme
de Pulacayo de 1946 et la révolution de 1952, la classe ouvrière
et les masses boliviennes connaissent une expérience politique très
riche et une tradition révolutionnaire, trotskiste. Il ne faut pas l'ignorer.
En même temps, cette tradition n'a pas pu se préserver en termes
organisationnels, c'est-à-dire politiques. L'expérience du POR
a épuisé son caractère révolutionnaire et progressif
depuis longtemps. Aujourd'hui, les militants trotskistes et révolutionnaires
sont dispersés dans un ensemble de groupes et tendances, parfois isolés.
Il y a un gouffre entre la profondeur de la mobilisation sociale et politique
et la capacité de l'exprimer en termes indépendants, en propositions,
programme, mots d'ordre, formes d'organisation. Les masses sont capables d'abattre
un gouvernement bourgeois, mais n'arrivent pas à se rassembler dans un
cadre politique indépendant pour exprimer leur objectif de diriger le
pays et la société.
Les militants doivent se donner les moyens d'un regroupement politique révolutionnaire
le plus rapide possible et sans opportunisme, sur la base d'une appréciation
commune des événements actuels et la nécessité d'un
gouvernement ouvrier et paysan comme seule alternative à la crise. Le
mot d'ordre de Constituante révolutionnaire sur la base d'un appel de
la COB (Central Unique des Travailleurs), les organisations de quartier et les
mouvements paysan et indien est à l'ordre de jour.
Apprécier la révolte des masses boliviennes comme un mouvement
social autour de l'eau et du gaz est une vision étroite. En profondeur,
elle est un mouvement politique et de lutte contre l'impérialisme. Il
faut tenir compte du composant indien pour rassembler et pas pour diviser.
Comment donner une réponse à cette nécessité de
construire une organisation marxiste révolutionnaire, d'unifier les formes
d'intervention des masses et leurs organisations, une sortie révolutionnaire
contre le pouvoir bourgeois et l'affirmation d'un gouvernement ouvrier et paysan ?
Il n'y a pas une réponse miracle à l'ensemble de ces questions.
La possibilité d'une délimitation par rapport au MAS sur le caractère
révolutionnaire de l'organisation politique à construire et d'un
accord sur l'élaboration d'un programme d'urgence nationale, sociale
et démocratique à mettre en oeuvre par un gouvernement de la classe
ouvrière et de l'ensemble des exploités, peut, elle, constituer
un pas en avant pour sortir de l'impasse politique actuelle.
Marcelo
N.