| Débatmilitant | ||||||||||
| Lettre publiée par des militants de la LCR |
n°66
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13
mai 2005
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| Sommaire : | ||||||||||
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Les 27 propositions du PCF : un programme pour les luttes ou de gouvernement ? |
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| 1905, il y a cent ans La fondation de la SFIO : " Un parti de lutte de classe " | ||||||||||
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Après
le 16 mai, journée nationale de désobéissance civique,
préparer la contre-offensive du monde du travail,
Faire du Non de gauche, le Non des luttes
Les sondages
l'indiquent, l'offensive des "Yes men" a marqué des points.
Le Non a reculé face à un déploiement sans précédent
de tous les partis gouvernementaux à l'exception du PC, de l'Etat comme
des médias en faveur du Oui. Les commémorations du 8 mai ont été
l'occasion de mobiliser la coalition de tous les gouvernements occidentaux derrière
Bush aux côtés de Chirac, Raffarin et Hollande dont les côtes
personnelles de popularité ne cessent, cependant, de baisser. Le Non
a reculé comme le mouvement social a marqué lui-même le
pas, il a reculé mais résiste, rassemble ses forces, se convainc
des enjeux de la bataille pour mieux s'engager dans la dernière étape.
La montée du Non a été impulsée par la montée
des luttes illustrées par les puissantes manifestations du 10 mars et
le mouvement de la jeunesse des lycées. La passivité des directions
des grandes confédérations, l'isolement des jeunes malgré
la sympathie rencontrée par leur mobilisation freinent la convergence
des mécontentements en un mouvement d'ensemble des salariés du
privé et du public, de la jeunesse.
L'absence
de perspective pèse sur l'ensemble de la situation politique et y compris
sur la campagne pour le Non. Elle pèse mais, paradoxe, elle laisse le
champ libre aux discussions, aux initiatives locales. A défaut de donner
une perspective aux grèves et rassemblements du 16 mai, les directions
syndicales, par leur propre passivité, encouragent les militants, les
salariés à se réapproprier politiquement cette journée
que Raffarin et l'Etat veulent leur voler. Jamais depuis longtemps une question
sociale et politique n'avait autant provoqué de discussions dans les
ateliers, les bureaux, les services, les écoles et les lycées.
Les discussions sur le 16 rejoignent les débats sur le référendum,
la politique s'invite partout, l'ensemble du pays est pris d'une volonté
de désobéissance civique, la grève devient, de fait, politique.
La
contestation se répand de proche en proche, les idées s'échangent,
s'encouragent, chacun vérifie que les autres éprouvent la même
révolte, la même colère. Une idée commence à
se forger, le moment ne serait-il pas venu de solder les comptes avec tous ces
partis et politiciens de droite comme de gauche qui depuis plus de vingt ans
mentent et conduisent une politique de régression sociale. La campagne
pour le Non aide à exprimer le mécontentement, à lui donner
une expression politique, à le formuler : la constitution devient
le concentré de ces mensonges qui ne sont " ni de droite
ni de gauche " mais de tous les gouvernements visant à
justifier une politique contraire aux intérêts des populations
au profit d'une minorité de gros actionnaires.
Et
le Non devient un Non de classe, le Non du monde du travail
La
protestation sociale se concentre en un seul mot : Non. Il faut qu'elle soit
la plus forte possible pour que la victoire du Non sonne comme une vengeance
des défaites infligées par la droite et le social-libéralisme
aux classes populaires. Mais, quelle que soit l'issue finale, la force même
du Non augure de nouvelles mobilisations parce qu'il exprime le rejet non seulement
de la droite mais aussi de ses complices de la gauche gouvernementale.
Même
si le Oui devait l'emporter tant les moyens mis en uvre contre le Non
sont nombreux, le processus enclenché ne s'arrêterait pas d'autant
que la curée qui se prépare à droite comme à gauche
accélérera le discrédit du microcosme politique.
La
dialectique de la bataille du référendum aboutit à une
polarisation sociale, au Oui des classes privilégiées s'opposent
le Non des classes populaires. Et nous avons quelque raison de penser que cette
dialectique va poursuivre son uvre, plus le Oui concentre les puissances
de l'argent et de l'Etat contre le Non plus il contribue lui-même au rassemblement
des classes populaires.
Les
discussions autour de la journée de désobéissance civique
du 16 mai et celles sur le référendum ont un effet démultiplicateur.
La conjugaison du Non social et du Non politique prépare les consciences
à de nouvelles mobilisations. Le rassemblement autour du non des classes
populaires appellent un mouvement d'ensemble. C'est du moins l'enjeu de la campagne
et de la suite du 29.
Certes,
comme le disait Bernard Thibault non sans hypocrisie : " quelle
qu'elle soit, l'issue du référendum ne changera pas le quotidien
des salariés ", mais elle peut contribuer à changer
les rapports de forces politique en changeant les rapports entre les travailleurs
et les forces politiques et syndicales du social-libéralisme.
" Les
oui sont compatibles " disait Jospin, c'est vrai et c'est bien
le problème. Les classes populaires en ont fait la dure expérience,
aujourd'hui, elles s'emparent du référendum pour rejeter la politique
menée par la droite et la gauche dans le cadre de la cohabitation.
Dix
ans, ou plutôt vingt ans, ça suffit !
Ça
fait plus de vingt ans que droite et gauche se sont pliées aux exigences
du patronat pour mener une offensive contre le monde du travail dans le cadre
de la mondialisation financière et impérialiste, dans le cadre
de la construction de leur Europe que nous refusons.
La
décennie qui s'achève, celle de Chirac et Jospin, a été
particulièrement destructrice. Ce qui se passe autour du référendum
se profile comme un seuil entre la période qui s'achève et celle
qui commence.
Aujourd'hui
il s'agit de solder les comptes et de présenter la facture des dégâts
que leur politique a causés tant au patronat à la droite libérale
qu'à la gauche social-libérale.
C'est
cela le sens du Non des classes populaires. Il est l'occasion d'exprimer le
mécontentement accumulé à l'égard de tous les hommes
politiques comme des classes privilégiées qui n'ont qu'arrogance
et mépris pour les classes populaires. Mais il est clair que ce Non ne
peut suffire, il ne prend tout son sens qu'au regard des mobilisations, des
grèves, des mouvements de révolte dont il l'expression politique.
Dire
Non, ce n'est qu'un début, après le 29, on continue
Comme
l'a été la journée du 10 mars, comme le sera la journée
du 16 mai, le 29 est une étape pour uvrer à la convergence
des mécontentements.
Plus
le Non sera fort plus il sera un encouragement aux luttes et aux mobilisations
au sens où il ne peut progresser et gagner, surmonter les pressions du
Oui que s'il s'affirme comme la protestation des travailleurs, un Non à
l'Europe de la régression sociale en faveur d'une Europe de la coopération
des peuples.
Le
Non peut et doit ouvrir une perspective pour le monde du travail
Cela
suppose que ceux qui militent pour son succès assument pleinement sa
signification et la rupture avec le social-libéralisme. Ce n'est pas
la politique de la direction du Parti communiste. Ainsi, dans une interview
publiée dans l'Humanité, Marie-George Buffet déclarait
en abordant la question de l'après 29 mai : " Réservons
les salles dès maintenant pour que, dans la semaine qui suivra le résultat,
quel qu'il soit, les femmes et les hommes de gauche qui ont mené cette
bataille se réunissent dans chaque commune, avec leurs élus, leurs
organisations. Il faudra que la gauche tire les enseignements de la mobilisation
des ouvriers, des employés, des jeunes contre ce projet libéral
et pour une autre Europe. Quelle politique allons-nous porter en France ?
Quels moyens nous donner pour résister à la droite ? Quelle
politique voulons-nous mettre en uvre en 2007 ? Et si le 'non' l'emporte,
comment construire cet autre traité ? Il faudra aussi, à
ce moment-là, lors de cette première assemblée d'après
le référendum, que nous soyons capables d'inviter celles et ceux
qui, à gauche, ont utilisé le vote 'oui' en pensant qu'on ne pouvait
pas battre cette armada libérale. Il faudra leur dire : voyez on
a réussi à se rassembler très nombreux ; on peut changer
le cours des choses ; nous vous tendons la main ; rejoignez-nous pour
construire tous ensemble une autre Europe, une autre politique en France. Et
si, comme je l'espère, comme c'est tout à fait possible, le 'non'
l'emporte, c'est un formidable espoir, comparable à celui du Front populaire,
qui se lèvera dans notre peuple. ".
Le
Non peut représenter un espoir s'il ne sert pas à remettre en
selle une nouvelle union de la gauche, de la gauche du Oui et de la gauche du
Non, en vue des élections de 2007.
Les
militants du Parti communiste eux-mêmes font aujourd'hui une critique
souvent radicale de la participation de leur parti au gouvernement Jospin. Mais
il faut tirer tous les enseignements de cet échec et de ses critiques.
C'est un des enjeux des discussions qui ont lieu dans le cadre de la campagne
pour le Non. Les révolutionnaires qui se retrouvent dans la campagne
avec les militants du PC ou de gauche, militants syndicaux ou associatifs, doivent
porter ce débat en toute démocratie. Toute l'expérience
de mouvement ouvrier est là pour le démontrer, participer à
un gouvernement dans le cadre des institutions et de l'Etat des classes dominantes
ne permet pas de faire prévaloir les intérêts des classes
populaires. Au contraire, une telle participation contribue à soumettre
les classes populaires aux intérêts des classes dominantes, à
les désarmer.
Le
recul du PCF, son affaiblissement est la conséquence directe de cette
politique de collaboration de classe. Ses militants iraient vers de nouvelles
désillusions, comme l'ensemble des travailleurs, s'ils plaçaient
à nouveau leurs espoirs dans une nouvelle participation gouvernementale,
même avec un rapport de force plus favorable sur le plan électoral.
Le
rapport de forces se construit par les mobilisations et l'organisation des classes
populaires. Rester sur le terrain électoral et parlementaire, c'est laisser
le champ libre à l'adversaire, abdiquer par avance.
Pour
un parti soucieux de représenter leurs intérêts il ne peut
être question de participer à un gouvernement si ce gouvernement
n'est pas l'expression directe des travailleurs et de leur organisation commençant
à exercer leur contrôle.
Aujourd'hui,
les mobilisations n'en sont pas encore là.
Il
s'agit d'unir et de regrouper les classes populaires autour de leurs revendications
essentielles et vitales : la lutte contre le chômage, la garantie de revenus
décents pour tous, la défense des services publics, le contrôle
de la marche des grandes entreprises comme de l'Etat et des banques dans une
perspective internationaliste, celle d'une autre Europe.
Ces
exigences, ce programme pour les luttes, nous les avons défendues ensemble
avec nos camarades de Lutte ouvrière lors des dernières élections
européennes. Elles prennent aujourd'hui encore plus de force.
Les
débats que suscite le référendum participent des évolutions
des consciences. A travers eux, les expériences de la dernière
décennie et surtout celles accumulées depuis 2002 se confrontent
en particulier dans les collectifs. Une politisation nouvelle s'opère,
les jeunes commencent à s'inviter au débat comme à l'action
autour du rejet de l'économie de marché, de libre concurrence
capitaliste et exige un nouveau projet de transformation sociale.
Le
seul crédible est celui du socialisme et du communisme, démocratique
et révolutionnaire. Nous l'assumons pleinement.
*
* *
Les
collectifs qui se sont multipliés à travers le pays peuvent contribuer
à unir les forces du mouvement social à condition qu'ils ne servent
pas de tremplin à des ambitions électorales et gouvernementales
mais qu'ils soient porteurs des exigences du monde du travail.
L'impulsion
militante donnée par les mobilisations et la campagne du référendum
sont porteuses d'espoir, oui, à condition que chacun se convainque que
quelles que soient les forces politiques qui seront dans l'avenir à la
direction des affaires, le monde du travail devra tirer les enseignements du
passé pour ne compter que sur lui-même afin de faire valoir ses
droits.
Les
révolutionnaires, dans le même temps qu'ils unissent autour de
leur propre programme, militent pour que les collectifs deviennent de véritables
organes démocratiques de front unique pour les exigences du monde du
travail, lieu de regroupement et d'organisation autour des revendications essentielles
du mouvement ouvrier.
Ils
contribueront ainsi à donner aux luttes leur dimension politique.
Le
29 au soir, si le Non l'emporte, nous serons avec tous ceux qui demanderont
le départ de Chirac, Raffarin and co mais pour dire sans ambiguïté
que le monde du travail n'a qu'un seul espoir, lui-même, sa mobilisation,
son organisation, la conscience que lui et lui seul est porteur de l'avenir
de l'Europe comme de la société.
Yvan
Lemaitre
Commémorations
du 8 mai 1945
et grandes manuvres impérialistes
Retour sur la deuxième guerre mondiale
Comme la commémoration
du débarquement des Alliés en Normandie l'an dernier, le soixantième
anniversaire, cette année, de la capitulation de l'Allemagne, le 8 mai
1945, a donné lieu de la part des dirigeants des puissances impérialistes
à de grandes manuvres destinées à récupérer
le bénéfice de la " victoire sur le fascisme ".
Chacun y a été d'un travail de mémoire assez particulier,
mettant en lumière les événements qu'il pouvait porter
au compte de ses intérêts pour occulter les autres.
En France, ce soixantième
anniversaire a été abondamment utilisé pour illustrer un
des axes de la propagande des partisans du "Oui" à la Constitution
européenne. " Une certaine idée de l'Europe ",
titrait l'éditorialiste du Figaro le 6 mai. " Loin
des arguments très matérialistes entendus ici et là aujourd'hui,
les fondateurs de l'Europe caressaient d'abord un rêve : la paix ",
enchaînait-il. Relayé par Libération dont l'éditorial,
" La longue paix ", le 9 mai, citait le premier ministre
néerlandais : " la coopération européenne
a apporté au continent 60 années de paix et de progrès ".
Qu'après
avoir mis le monde à feu et à sang à travers deux guerres
mondiales, les puissances impérialistes européennes aient fait
taire leurs rivalités pour coopérer, ne doit rien à des
sentiments pacifistes de leurs dirigeants qui se sont distingués par
la violence de leurs guerres coloniales. En réalité, les bourgeoisies
européennes ont été " pacifiées "
par l'hégémonie des Etats-Unis, sortis grands vainqueurs de la
guerre, un impérialisme autrement plus puissant que les empires coloniaux
vieillis qu'elles étaient.
En Russie, Poutine
a organisé une grandiose parade militaire, célébrant les
sacrifices des 27 millions de Soviétiques morts pendant la deuxième
guerre mondiale... ainsi que le petit père des peuples Staline, afin
de conforter son pouvoir dictatorial en flattant les sentiments nationalistes
russes et légitimer sa sale guerre contre les populations tchétchènes.
" Le nazisme, l'extrémisme et le terrorisme sont des menaces
qui se nourrissent aux mêmes sources idéologiques ",
a-t-il déclaré dans son discours, prononcé en présence
d'une cinquantaine de chefs d'Etat, dont Chirac, Schröder et Bush, lesquels
n'ont pas eu un mot pour les Tchétchènes.
Mais Bush -et c'est
sans doute là le fait plus marquant de ces commémorations- avait
pris soin d'encadrer sa visite à Moscou par des rencontres avec les dirigeants
des trois Etats baltes, le 7 mai à Riga, et, le 9, à Tbilissi,
avec le président de la Géorgie, porté au pouvoir par la
" révolution de la rose " à la fin de l'année
2003. " Je reconnais que pour l'Ouest, la fin de la Seconde guerre
mondiale a signifié la paix mais dans les pays baltes cela a amené
l'occupation et l'oppression communiste ", a-t-il entre autres
déclaré à Riga.
Croisade de
Bush contre le communisme
Bush, rapporte
non sans flagornerie un éditorial du Monde intitulé " la
Liberté indivisible ", " a regretté que
Roosevelt ait accepté avec les accords de Yalta la division de l'Europe
pour un demi-siècle. Et que les Américains aient sacrifié
la liberté des plus faibles à la stabilité internationale,
ou plus exactement à une illusion de stabilité.
Sa
visite en Géorgie, où les Américains ont été
très actifs pour favoriser l'arrivée au pouvoir de Saakachvili,
s'inscrit dans cette nouvelle politique. Les Etats-Unis, sous la direction de
Bush, ne sont pas une puissance du statu quo mais une puissance du changement
démocratique. "
On pourrait s'étonner
que Bush veuille aujourd'hui, comme il l'a lui-même dit dans son discours
à Riga, en finir " une bonne fois pour toutes "
avec " l'héritage de Yalta ". Le capitalisme
a triomphé en Russie, et bien que Poutine ait récemment déclaré
que l'éclatement de l'Union soviétique était la " plus
grande catastrophe géopolitique du XXe siècle ",
il ne reste quasiment rien de la puissance de l'ancienne URSS.
Ce serait oublier
que la " lutte contre le communisme " a été
pour l'impérialisme, et l'impérialisme américain en particulier,
le prétexte sans cesse utilisé pour légitimer ses interventions
militaires et ses guerres contre les populations des pays pauvres. De quelle
meilleure raison pourrait-il se prévaloir quand il s'agit d'élargir
son influence dans la zone autrefois contrôlée par l'Union soviétique ?
La croisade rétrospective de Bush " contre le communisme "
s'inscrit dans l'offensive que les Etats-Unis mènent depuis le 11 septembre
2001 pour conforter leur hégémonie sur le monde. Dans l'ancienne
zone d'influence soviétique, ils ont installé des bases militaires
en Asie centrale, signé des accords de coopération militaires
avec les Etats du Caucase, favorisé en sous-main les " révolutions
de la Rose " en Géorgie et " orange "
en Ukraine. " Depuis mon élection, avoue le président
géorgien, Saakachvili, dans une interview qu'il a donnée au
Monde le 9 mai, je m'entretiens par téléphone avec Bush
au moins une fois par mois ".
Comme au Moyen-orient,
l'impérialisme américain, largement discrédité,
cherche à justifier son offensive en masquant ses mobiles réels
derrière le prétexte de la " lutte pour la démocratie,
pour des élections libres ", etc. Il n'échappera
pas pour autant à la révolte que peut susciter un mensonge aussi
grossier et aussi cynique. L'embrasement de l'Afghanistan en est une illustration.
Deux guerres
en une
Mais cette croisade
de Bush révèle également, a posteriori, un aspect essentiel
de la deuxième guerre mondiale, occulté par la politique de recherche
d'alliance avec l'impérialisme menée par Staline.
Cette guerre qui,
pour cette raison aussi, est officiellement considérée comme une
guerre " de la démocratie contre le fascisme ",
a été non seulement une guerre inter-impérialiste, dont
" la cause immédiate, comme l'expliquait le Manifeste
d'alarme de la IVème internationale en mai 1940, est la
rivalité entre les empires coloniaux anciens et riches, Grande-Bretagne
et France, et les pillards impérialistes en retard, Italie et Allemagne ",
mais également une guerre " contre le bolchevisme et le
communisme ", selon les mots des nazis.
" A
une échelle historique, écrivait Trotsky en 1934 dans La
guerre et la IVème Internationale, l'antagonisme entre l'impérialisme
mondial et l'Union soviétique est infiniment plus profond que les antagonismes
qui opposent les uns aux autres les pays capitalistes. Mais la contradiction
de classe entre l'Etat ouvrier et les Etats capitalistes a une acuité
qui varie en fonction de l'évolution de l'Etat ouvrier et des changements
de la situation mondiale.
Le
développement monstrueux de la bureaucratie soviétique et les
difficiles conditions d'existence des masses travailleuses ont terriblement
dégradé le pouvoir d'attraction de l'URSS vis-à-vis de
la classe ouvrière mondiale. Les lourdes défaites de l'IC et de
la politique extérieure nationale pacifiste du gouvernement soviétique
n'ont pu, à leur tour, que diminuer les appréhensions de la bourgeoisie
mondiale. Finalement, la nouvelle aggravation des contradictions internes du
monde capitaliste oblige les gouvernements d'Europe et d'Amérique à
aborder l'URSS à cette étape, non du point de vue de la question
principale, capitalisme ou socialisme, mais de celui du rôle conjoncturel
de l'Etat soviétique dans la lutte entre les puissances impérialistes.
Les pactes de non-agression, la reconnaissance de l'URSS par le gouvernement
de Washington, etc., sont les manifestations de cette situation internationale.
Les efforts persistants de Hitler pour légaliser le réarmement
allemand en soulignant le "danger à l'Est" ne rencontrent encore
aucun écho, surtout de la France et de ses satellites, précisément
parce que le danger révolutionnaire que constitue le communisme a perdu
son acuité, en dépit de la terrible crise. Les succès diplomatiques
de l'Union soviétique sont à attribuer, au moins dans une large
mesure, à l'extrême affaiblissement de la révolution internationale.
Ce serait pourtant une erreur fatale de considérer qu'une intervention
armée contre l'Union soviétique est entièrement exclue
de l'ordre du jour. ".
Si Hitler n'a pu
arriver à ses fins, détruire avec l'URSS, le premier Etat issu
d'une révolution ouvrière victorieuse, c'est autant en raison
du sursaut héroïque de la population russe elle-même qui a
réussi à repousser l'invasion des armées nazies qu'à
cause de la férocité des rivalités entre impérialismes
concurrents. Il espérait pouvoir neutraliser les autres impérialismes
en se jetant sur l'URSS, mais il n'était pas question pour l'impérialisme
américain de laisser lui échapper la possibilité d'affirmer
son hégémonie sur le monde.
60 ans après,
Bush veut achever ce que n'avait pu faire l'impérialisme allemand
La complexité
et l'enchevêtrement des intérêts en jeu dans cette guerre,
les retournements d'alliances qui l'ont précédée, ainsi
que la propagande des " démocraties " dont la crédibilité
a été renforcée par l'horreur du génocide juif ont
réussi à masquer aux yeux des opinions publiques, les raisons
réelles de la deuxième guerre mondiale. Quels qu'en aient été
les initiateurs, l'Allemagne nazie en l'occurrence, et les retournements, il
s'agissait d'une guerre pour un nouveau partage du monde, entre impérialismes
vieillis et l'impérialisme américain dont la puissance n'avait
cessé de croître depuis le début du siècle.
Dans le Manifeste
d'alarme de la IVème internationale, Trotsky citait ce qu'il avait
écrit dans La Guerre et la IV° Internationale, six ans auparavant
: " Le capitalisme des Etats Unis se heurte aux mêmes problèmes
qui ont poussé l'Allemagne en 1914 sur le chemin de la guerre. Le monde
est partagé ? Il faut refaire le partage. Pour l'Allemagne, il s'agit
d'" organiser " l'Europe. Les Etats Unis doivent " organiser "
le monde. L'histoire est en train de conduire l'humanité à l'éruption
volcanique de l'impérialisme américain. ". Et il
ajoutait : " Sous un prétexte ou un autre, un mot d'ordre
ou un autre, les Etats Unis vont intervenir dans ce choc gigantesque pour préserver
leur domination mondiale. On ignore encore le moment et le lieu de cette lutte
entre le capitalisme américain et ses ennemis et peut-être Washington
même ne le sait pas encore. La guerre contre le Japon serait une lutte
pour " l'espace vital " dans l'océan Pacifique. La guerre dans
l'Atlantique, même si elle était dans l'immédiat dirigée
contre l'Allemagne, serait une lutte pour l'héritage de la Grande Bretagne. "
Sortis grands vainqueurs
de la guerre, ce n'est que contraints et forcés par l'avancée
des troupes soviétiques en Europe et surtout sous l'effet de la crainte
qu'y éclatent de nouvelles révolutions, que les Etats-Unis de
Roosevelt ont dû accepter le partage du monde réalisé à
Yalta. Dès que la situation s'est stabilisée en Europe, dès
1947, ils ont cherché à remettre en cause ces accords, ouvrant
la période de la guerre froide.
" L'Amérique
et ses alliés les plus solides ont pris la décision de ne pas
se contenter de la libération de seulement la moitié de l'Europe
et ne pas oublier leurs amis derrière le Rideau de fer "
a dit Bush à Riga, selon le compte rendu du Monde. Il a affirmé
que la politique américaine avait été d'affaiblir l'Union
soviétique " jusqu'à ce que le communisme s'écroule
sous la pression extérieure et ses propres contradictions ".
Et s'adressant à la foule venue écouter son discours, " lorsque
vous vous êtes rassemblés pour protester et que l'empire s'est
écroulé, l'héritage de Yalta a finalement disparu, une
bonne fois pour toutes ".
I
ncontestablement
les Etats-Unis sont en passe d'achever ce qu'ils n'ont pu faire au cours de
la guerre de 1939-45, étendre leur hégémonie sur l'ensemble
de la planète.
Ils ne connaîtront
pas pour autant la stabilité et le répit. L'extension de leur
domination génère de nouvelles puissances dans le cadre de la
libre concurrence mondialisée et, avec elles, de nouvelles rivalités
inter-impérialistes, qui n'en sont qu'à leurs balbutiements mais
qui sont lourdes du danger d'une nouvelle guerre planétaire.
Elle suscite également
révoltes et soulèvements populaires qui annoncent un nouveau cycle
de révolutions.
Galia
Trépère
Les
27 propositions du PCF :
un programme pour les luttes ou de gouvernement ?
" Ensemble,
construisons nous-mêmes un programme pour changer vraiment la vie
", tel est l'objet du débat que le PC initie avec 27 propositions
présentées par Marie George Buffet le 22 février dernier
à la presse. Les militants sont appelés à organiser des
" forums-programme " dans " la perspective
de rassembler le 19 novembre prochain des milliers de délégués
des forums qui se seront tenus un peu partout d'ici là. Ce jour-là
se matérialisera l'évènement qui est déjà
en cours ", a t-elle déclaré. Les 27 propositions
du PCF s'articulent avec la bataille pour le Non au référendum,
" pour un autre monde
pour une autre Europe ".
Cette
initiative se veut novatrice, " pour bâtir une alternative
à gauche ", en en finissant avec " les accords
d'états-majors
il faut revenir au cur de notre peuple pour
lui tendre la main ", affirme Buffet.
Oui,
les salariés, les militants, ne font plus confiance à un programme
de gouvernement quel qu'il soit, tant ils ont fait l'expérience qu'au
gouvernement, les partis de gauche menaient la même politique que ceux
de droite. Alors, si le PC invite largement, à partir de ses propositions,
à débattre pour " bousculer la politique ",
les révolutionnaires sont partie prenante de ce débat.
Il
est au cur de la campagne, autant il est vrai que c'est dès maintenant
que l'après-29 mai se prépare.
Beaucoup
de militants du PC ne veulent plus refaire l'expérience d'une nouvelle
participation gouvernementale de leur parti qui s'est soldée par sa chute
électorale et la démoralisation de beaucoup. Mais s'ils sont dans
les luttes, pour autant, ils ne voient pas de perspectives autres que sur le
plan parlementaire car " il faut bien battre la droite ".
Alors,
ce programme que le PC propose de construire " dans un sens autogestionnaire ",
à l'opposé de la démarche qui jusqu'ici, a prévalu,
s'inscrit-il vraiment dans une perspective différente ? On peut
en douter quand Marie George Buffet déclare, " nous pensons
que le 21 avril puise ses racines dans une certaine complaisance libérale ".
Simple complaisance ?
Si
les déclarations de bonnes intentions y foisonnent : " une
véritable alternative de progrès social et démocratique ",
" vraiment à gauche ", " espoir
d'un véritable changement ", " le bonheur
est pour l'individu une idée neuve à conquérir, du bonheur
et rien d'autre ! ", et bien d'autres, la multiplication
des formules cache mal son adaptation à l'économie de marché
en prônant des mesures raisonnables.
27
mesures
limitées par avance au cadre capitaliste
La préoccupation
première des classes populaires est la question sociale. Les propositions
du PCF restent bien en deçà des mesures nécessaires pour
assurer le droit à une existence digne et décente pour l'ensemble
du monde du travail puisqu'elles ne remettent nullement en cause la propriété
privée capitaliste
et valent par ce qui en est absent.
Concernant la question
essentielle des salaires, il est proposé chaque année, " une
conférence nationale pour l'emploi, la formation, les salaires, les qualifications "
dans le but de " proposer
impulser
stimuler
favoriser
relancer "
mais comment en l'absence d'une mobilisation
des salariés organisés dans leurs collectifs, comités,
interpros, serait-il possible de peser face au patronat ? Comment ne pas
tirer l'expérience de la conférence emplois-salaires du 10 octobre
97 présentée par Jospin, alors aux affaires, le PC et les organisations
syndicales, comme une avancée sociale et qui s'est révélée
un jeu de dupes pour les salariés ?
Cette logique amène
à une timidité sur les revendications en matière de revenus
et de salaires. " Aucun foyer ne doit vivre en dessous du seuil
de pauvreté défini par l'INSEE ", soit 602 €
(valeur 2001). Comment vivre avec si peu ? Le PCF ne le dit pas. Quant
au salaire minimum, il est chiffré à 1400 euros (bruts). Il était
en 2004 à 1 286,09 (bruts pour 169 h travaillées), soit une
augmentation de même pas 100 euros nets. Les augmentations pour les fonctionnaires
sont limitées à 5 %. Aucune mesure d'augmentation générale
pour les salariés du privé n'est annoncée.
Il n'est pas question
non plus d'interdire les licenciements ni la précarité, mais d'" un
droit d'obtenir des moratoires suspensifs des décisions de licenciements
débouchant sur une table ronde prenant en compte les propositions alternatives
des salariés et de leurs organisations représentatives "
en vue du maintien de l'emploi ou d'un " bon reclassement ".
Cela est dans la continuité de la loi de modernisation sociale impulsée
par le PCF suite aux licenciements boursiers chez Lu-Danone-Marc & Spencer
avec la nomination d'un médiateur et dont la seule avancée était
de donner un temps supplémentaire aux salariés pour organiser
leur mobilisation.
Quant à
la précarité, il faudrait " un plafonnement du droit
de recours à l'emploi précaire à 5 % de l'effectif ".
Et il n'est pas dit comment cette mesure qui s'adapte cependant à l'intérêt
des patrons sera imposée.
Face aux licenciements
massifs, les militants syndicalistes sont nombreux à déplorer
que les CE soient privés de tout droit de veto et de contrôle sur
les comptes des entreprises, mais cette évidence ne fait pas partie des
propositions du PCF qui ne parle que de " loi organisant les pouvoirs
des CE ". L'acceptation par avance des licenciements et des fermetures
d'usines débouche sur la proposition " en cas de perte de
leur emploi, un droit à formation avec maintien du revenu ",
" à organiser le passage sans chômage d'un emploi
à un autre ou d'un emploi à une formation ".
Les 35 heures remises
en cause par le gouvernement Raffarin et le Medef en généralisant
l'annualisation, la flexibilité, les heures supplémentaires des
lois Aubry restent une bonne mesure qui se justifie par le fait que " le
patronat a obtenu du gouvernement Jospin une très large dénaturation
des 35h ", ce qui amène le PCF à ne pas se prononcer
contre toute annualisation et flexibilité du temps de travail.
L'initiative des
salariés dont se réclame le PCF est réduite à la
portion congrue, pour ne pas dire inexistante, l'auto-gestion déclarée
en préambule se révèle tout au long du programme un leurre
débouchant sur des propositions gouvernementales qui ont du mal à
prendre de nouvelles couleurs par rapport aux précédents programmes
de gouvernement du PCF.
Ainsi, dans la
partie intitulée : " Choisissons l'efficacité
plutôt que la rentabilité ", il s'agit d'aller vers
une bonne utilisation du capital pour développer " un effort
national et européen pour une nouvelle politique industrielle "
alors que " le capitalisme stérilise les capitaux dans les
placements financiers et la spéculation ".
Et pour financer
ces mesures, le PCF reprend sa proposition de cotisations patronales modulées.
Les mauvais patrons paieraient davantage que les bons patrons, qui, eux, auraient
droit à un " crédit à très bas taux
pour les investissements utiles créateurs d'emplois " :
l'Etat, quel que soit le gouvernement en place, reste au service des intérêts
privés.
Ce sens des responsabilités
vis-à-vis du patronat et de l'économie de marché est permanent :
le point Entreprises décline un partage des pouvoirs dans les grandes
entreprises entre actionnaires, salariés et élus. Le PCF fait
semblant de croire qu'on pourra concilier des intérêts inconciliables.
Comme vis-à-vis des intérêts de l'impérialisme français
car s'il est question du retrait des troupes d'occupation en Irak, la revendication
du retrait des troupes françaises d'Afrique est oubliée !
Dans les débats
que nous avons dans le mouvement social comme dans la campagne pour le Non,
se discutent les perspectives que nous voulons construire à travers les
mobilisations en cours. Politique de collaboration de classes ou de luttes de
classes, réforme ou révolution, le débat n'est pas abstrait
mais bien concret et pratique. Il se mène à la lumière
des bilans de la participation gouvernementale des partis de gauche et des ravages
de la mondialisation capitaliste.
Il est nécessaire
de lever les ambiguïtés, car il s'agit bien entre le PC et les révolutionnaires
de deux perspectives opposées : la participation gouvernementale
dans le cadre de ce système ou une politique pour les luttes qui posera
la question du pouvoir des travailleurs. " Il n'y a pas d'autre
issue que le rassemblement de la gauche, de toute la gauche, autour d'une politique
de gauche " déclare Jean-François Gau, en continuité
avec la politique affirmée par Marie George Buffet.
Notre réponse
est clairement si : le regroupement pour et dans les luttes, un parti du monde
du travail et de la jeunesse pour l'émancipation sociale des travailleurs
par eux-mêmes.
Valérie
Héas
1905,
il y a cent ans
La fondation de la SFIO :
" Un parti de lutte de classe "
En août 1904,
le VIe congrès de la Deuxième Internationale impose l'unité
aux deux grands courants du socialisme français. " Au début
de ce congrès, plaide le Belge Émile Vandervelde, nous avons vu
Plekhanov et Katayama se tendre la main. Jaurès et Guesde sont-ils plus
fratricidement en guerre que le Japon et la Russie ? Camarade Guesde, camarade
Jaurès, je vous adjure, dans une pensée de paix socialisteinternationale,
de vous tendre la main. ".
La motion adoptée
par le congrès de l'Internationale ne laisse pas le choix aux deux figures
tutélaires du socialisme français : " tous les
militants et toutes les fractions ou organisations qui se réclament du
socialisme ont le plus impérieux devoir de travailler de toutes leurs
forces à la réalisation de l'unité socialiste sur la base
des principes établis par les congrès internationaux dans l'intérêt
du prolétariat international vis à vis de qui ils sont responsables
des conséquences funestes de la continuation de leurs divisions ".
Jean Jaurès
et Jules Guesde s'inclinent. Dès leur retour d'Amsterdam, les négociations
s'engagent entre le Parti socialiste français et le Parti socialiste
de France ainsi qu'avec la myriade de structures locales et régionales
composant le versant politique du mouvement ouvrier hexagonal. Une commission
d'unification discute à partir de novembre 1904 une déclaration
d'unité. L'accord est scellé le 13 janvier 1905. C'est dans la
salle du Globe, boulevard de Strasbourg à Paris, que se rassemblent,
du 23 au 26 avril 1905, les 286 délégués du Parti ouvrier
socialiste révolutionnaire, du Parti socialiste de France, du Parti socialiste
français, des fédérations autonomes des Bouches-du-Rhône,
de Bretagne, de l'Hérault, de la Somme et de l'Yonne.
La Déclaration
de principes ratifiée par les congressistes est l'acte de naissance du
parti unifié, le Parti socialiste-Section française de l'Internationale
ouvrière (SFIO) : " Le parti socialiste est un parti
de classe qui a pour but de socialiser les moyens de production et d'échange,
c'est-à-dire de transformer la société capitaliste en une
société collectiviste ou communiste, et pour moyen l'organisation
économique et politique du prolétariat. Par son but, par son idéal,
par les moyens qu'il emploie, le parti socialiste, tout en poursuivant la réalisation
des réformes immédiates revendiquées par la classe ouvrière,
n'est pas un parti de réforme, mais un parti de lutte de classe et de
révolution. ".
Huit mois suffisent
pour surmonter les divisions qui minent le mouvement français depuis
la défaite de la Commune de Paris et sur lesquelles butaient toutes les
tentatives d'unification depuis plus de trente ans. Le débat sur réforme
et révolution n'est pas tranché pour autant. La profession de
foi révolutionnaire de 1905 n'annule pas les désaccords passés,
notamment sur le pouvoir ouvrier et sa conquête. De nombreuses ambiguïtés
demeurent. C'est ce qu'atteste la conversion rapide du parti à la vision
réformiste qui gagne la IIe Internationale et aboutira au désastre
de 1914.
La création
de la SFIO n'en marque pas moins une étape cruciale dans la construction
d'un parti ouvrier, d'" un parti de classe " revendiquant
son indépendance de la bourgeoisie. Le " court XXe siècle "
dominé par les réformistes, sociaux-démocrates ou staliniens,
ferait presque oublier que le mouvement ouvrier s'est constitué sur des
bases révolutionnaires. Au moment où l'effondrement du stalinisme
pose la question d'une nouvelle expression de la classe ouvrière, il
n'est pas inutile de revenir sur l'exemple de 1905 pour construire une alternative
socialiste et communiste, démocratique et révolutionnaire.
Serge Godard
Nos lecteurs et
camarades trouveront sur notre site la suite de cet article qui s'inscrit dans
la série que débatmilitant consacre à l'année 1905.
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