| Débatmilitant | ||||||||||
| Lettre publiée par des militants de la LCR |
n°83
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1er
décembre 2005
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| Sommaire : | ||||||||||
| Après le congrès du Mans du PS et le forum national à Villepinte du PCF, les directions socialiste et communiste en quête d'un programme commun en 2007 | ||||||||||
| 1905, il y a cent ans La CGT, entre première expérience de grève générale et adoption de la Charte d'Amiens | ||||||||||
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Après
le congrès du Mans du PS et le forum national à Villepinte du
PCF
Les
directions socialiste et communiste en quête d'un programme commun en
2007
La synthèse
conclue entre les cinq motions en lice au congrès du Parti socialiste
au Mans a donné le signal. Les appels au rassemblement de la gauche se
multiplient rue de Solferino comme place du Colonel Fabien. À l'heure
où les attaques de la droite redoublent sous le coup de la surenchère
sécuritaire, raciste et anti-ouvrière de Dominique de Villepin
et de Nicolas Sarkozy, le premier secrétaire du PS et la secrétaire
nationale du PCF relancent de concert l'idée d'une union des forces de
progrès.
De droite comme de gauche, les gouvernements qui se succèdent depuis
25 ans démantèlent le droit du travail, la protection sociale,
les services publics, etc. Et les directions socialiste et communiste ont laissé
faire, quand elles n'étaient pas elles-mêmes aux commandes. Les
partis de François Hollande et de Marie-George Buffet ont gouverné
le pays entre 1997 et 2002. Et pendant cinq ans, le PCF, au gouvernement et
à l'Assemblée, a soutenu continûment l'entreprise de régression
sociale mise en place par l'équipe Jospin à laquelle la députée
de Seine-Saint-Denis a pleinement collaboré.
Un énième accord entre socialistes et communistes ne règlerait
rien pour les travailleurs. En revanche, il vise à détourner la
combativité ouvrière : il réduit l'horizon à
un changement de majorité à l'Assemblée, repoussant ainsi
les échéances d'un combat qui ne peut pourtant attendre.
La perspective tracée par Hollande et Buffet ne peut amener que résignations
et nouvelles désillusions. Une autre peut pourtant émerger : celle
des luttes ouvrières contre la droite et le Medef ; d'un rassemblement
immédiat sur la base d'un plan d'urgence sociale et démocratique.
La campagne référendaire et les grèves depuis la rentrée
confirment la volonté d'en découdre d'une fraction importante
du salariat.
L'extrême gauche est la seule à être en mesure d'en défendre
l'objectif et à même d'en crédibiliser la réalisation.
D'autant que la proximité d'idées et de projet entre le PS et
le PCF prend à contre-pied nombre de militants socialistes et communistes
engagés au printemps dans la bataille en faveur du non.
Unifier le PS
pour rassembler la gauche
Les " lignes " bougent à gauche faisaient-on valoir.
D'aucuns misaient même sur une implosion du PS. Un vaste rassemblement
antilibéral ou anticapitaliste se profilait entre les courants qui s'étaient
mobilisés contre le traité constitutionnel, à commencer
par le parti de Marie-George Buffet.
Six mois après la victoire du non, les rapports du PCF avec le PS sont
normalisés.
C'est ce qui transpire du congrès du Mans et des déclarations
de Buffet qui ont accompagné la synthèse entre socialistes partisans
du oui et tenants du non.
Le 29 mai est déjà loin. La perspective qui domine au PS c'est
2007, avec le secret espoir d'un retour aux affaires à la faveur du cycle
de l'alternance. Les résultats du PS, en 2004, lors des élections
régionales, européennes et cantonales, poussaient au rassemblement,
et ce malgré - ou à cause même - des rivalités
entre les prétendants à l'investiture du parti pour la présidentielle.
Il en allait de leur crédibilité.
Sur ce point, comme sur d'autres, François Hollande, Laurent Fabius,
Dominique Strauss-Kahn et consort s'accordent : l'unité du PS est
un préalable au rassemblement de la gauche. Le premier secrétaire
le répète : " toutes les conditions d'une défaite
de la droite sont réunies " ; pour autant, " la
victoire de la gauche n'est pas acquise ". Ces éléments
convergent avec la position ressassée côté communiste :
" Il n'est pas possible de battre la droite sans rassembler la
gauche ", constate Patrice Cohen-Séat, le bras droit de
Marie-George Buffet.
Première conséquence : le clivage - " structurant " ! -
entre oui de gauche et non de gauche est caduc. Et les promoteurs du non au
sein du PS ne sont pas les derniers à le prétendre. Henri Emmanuelli
est aussi net que Laurent Fabius : " Il est vital pour la
présidentielle de dépasser le oui et le non ". Et
d'ajouter : " Il fallait que le militant socialiste qui a
voté non ait l'impression d'être pris en compte par son parti.
La majorité a eu l'intelligence de le comprendre ". Benoît
Hamon, autre leader du non socialiste, le confirme : " le
clivage issu du référendum est bien dépassé ".
Dès le 29 mai au soir, les communistes avançaient cette nécessité
Le congrès du PS est la première étape. Elle en appelle
d'autres.
Le député des Landes, désormais préposé au
" projet ", proposera " un compromis
global entre toutes les formations de gauche qui souhaitent le rassemblement
indispensable pour la victoire " d'ici le printemps 2006. Ce " projet "
sera le socle du " contrat de gouvernement " que
les socialistes et leurs alliés de la " gauche durable "
porteront en commun dans deux ans.
" Battre la droite ! " : tel est le nouveau
cri de ralliement d'une gauche gouvernementale qui n'entend nullement laisser
passer son tour en 2007. Et les pressions sur l'extrême gauche se feront
d'autant plus pressantes que les échéances électorales
se rapprocheront. On se souvient des attaques dont les révolutionnaires
avaient été la cible le 21 avril 2002 où Arlette Laguiller
et Olivier Besancenot comptabilisaient 10 % des voix au premier tour de
l'élection présidentielle
La question des consignes de vote va immanquablement rebondir. Savoir maintenir
le cap s'avèrera décisif. Sans quoi l'extrême gauche abdiquerait
de ses responsabilités vis-à-vis des classes populaires :
les aider à faire entendre leurs exigences, et ce quel que soit le gouvernement
qui sortira des combinaisons électorales de 2007.
Des
militants communistes en rupture
La réaction de Marie-George Buffet aux décisions arrêtées
au Mans ne s'est pas faite attendre. Le lendemain, L'Humanité
enregistrait l'évolution positive : " La synthèse
réalisée, qui affirme l'engagement du PS sur plusieurs mesures
qu'un gouvernement de gauche devrait prendre en matière économique
et sociale, marque une inflexion à gauche ". " Sur
un certain nombre de points, le Parti socialiste a bougé sur la gauche,
ce n'est pas pour nous déplaire ! ", expliquait la
secrétaire nationale. Qu'une majorité de socialistes entérine
à nouveau le " réformisme de gauche "
échappe entièrement aux observateurs communistes obnubilés
par les échéances électorales.
" Je tiens énormément à ce que la construction
d'un programme de la gauche se fasse publiquement et en toute transparence,
indique Buffet. Je me bats pour qu'on arrive ainsi à un contrat entre
toutes les forces de gauche sur un programme de transformation sociale ".
Et la députée de Seine-Saint-Denis entend y inclure l'extrême
gauche : " car si elle se contente de faire la leçon
en refusant de participer à une union populaire, on n'avancera pas ",
dixit l'ancienne ministre de Jospin.
La perspective d'un retour rapide aux affaires enflamme uniquement Buffet et
son équipe. Plus de deux mille délégués étaient
attendus au forum national pour " une alternative à gauche "
à Villepinte le 26 novembre. La secrétaire nationale a appelé
à l'élaboration d'un programme de toute la gauche devant à
peine plus de 500 personnes. Cette désaffection des rangs communistes
n'est pas la première.
Nombre de militants du PCF sont les premiers à rejeter une orientation
qui vise à refaire ce qui a été défait en 2002.
Et ils se manifestent régulièrement ! Ils boycottent les
initiatives prises par la direction communiste. Même lors des consultations
internes du PCF, ils s'abstiennent ou ne prennent pas part aux votes. Pour l'essentiel,
ils ont mis entre parenthèse leur militantisme, sinon quitté le
PCF sur la pointe des pieds.
Le fiasco de Villepinte conforte l'idée d'une fracture entre base et
sommet sur laquelle les révolutionnaires devrait chercher à peser
au lieu d'engager des discussions avec une direction discréditée
sur son terrain : celui des élections et de la participation gouvernementale
dans le cadre de l'État et de ses institutions.
Déjà, les meetings unitaires, tout au long de la campagne du non,
avaient témoigné de l'écart séparant, d'un côté,
le point de vue de l'appareil désireux de capitaliser sur un plan électoral
et négocier au mieux avec les partenaires socialistes et écologistes
les échéances de 2007 et, d'un autre côté, celui
de la base du parti applaudissant à tout rompre Olivier Besancenot évoquant
les mobilisations sociales et repoussant toutes alliances avec les sociaux-libéraux.
Certes beaucoup de communistes se sont réinvestis pendant la campagne
référendaire ; mais ils demeurent en attente d'un débouché
qui tranche avec une énième mouture d'union de la gauche. L'extrême
gauche a acquis un capital. Le faire fructifier, c'est dessiner une alternative
aux vieux appareils ; et c'est contrecarrer les illusions électoralistes
qu'ils tentent de nouveau de répandre.
La
responsabilité des révolutionnaires
Jamais depuis des décennies, l'extrême gauche n'a été
en meilleure situation pour faire entendre les exigences du monde du travail
et tracer la perspective d'un mouvement d'ensemble seul capable d'inverser le
rapport de forces. Ce crédit accumulé depuis la présidentielle
de 1995 où Arlette Laguiller avait rassemblé 1 600 000
voix sur son nom est un point d'appui pour faire la démonstration, à
une échelle large, de l'impasse dans laquelle la direction Buffet cherche
à engager ses troupes et, au-delà, la classe ouvrière.
En dix ans, l'extrême gauche s'est affirmée face à une gauche
aux multiples facettes mais dont les diverses composantes se retrouvent au pouvoir
depuis des décennies : c'est vrai du PS, du PCF et des Verts nationalement ;
mais c'est également le cas des diverses expressions de la " gauche
radicale " dans les conseils municipaux jusqu'aux exécutifs
régionaux.
Le ralliement en Île-de-France de la " gauche radicale "
à la liste de la Gauche populaire et citoyenne lors des régionales
en 2004 en témoigne suffisamment. Ces secteurs de " la gauche
de la gauche " sont liés aujourd'hui à la tête
de la région aux sociaux-libéraux.
Ce sont ces mêmes réseaux qui sont à l'origine de l'appel
" du lundi " dont le but est d'" éviter
la dispersion des candidatures aux prochaines élections en 2007 et 2008 ".
Ils travaillent depuis 2002 pour rééquilibrer " la "
gauche au détriment des sociaux-libéraux dans le cadre d'une perspective
gouvernementale. C'est leur politique, ce n'est pas la nôtre. Les militants
de notre organisation qui signent cet appel se placent dans cette logique et
placent l'organisation en alliée d'une des composantes de la gauche de
gouvernement. C'est une erreur.
Nous devons préserver notre indépendance vis-à-vis de la
gauche de gouvernement et préparer le mouvement ouvrier à faire
valoir ses droits quel que soit le gouvernement qui sortira des urnes en 2007.
C'est la condition même pour qu'aujourd'hui nous ne nous laissions pas
détourner des luttes pour nous égarer dans les impasses électorales
et institutionnelles.
Ne nous écartons pas de la bataille politique permettant de populariser
la nécessité et la possibilité d'une contre-offensive du
monde du travail, sur la base d'un plan d'urgence sociale et démocratique.
Serge
Godard
Retour sur le sommet et les contre-sommets de Mar del Plata
Trois événements
se sont produits la première semaine de novembre en Amérique Latine,
à Mar del Plata (Argentine), qui ont marqué l'actualité
politique internationale et, bien sûr, la lutte de classes dans les pays
directement concernés. Le Sommet des Amériques s'est réuni
en présence de Bush pour discuter de l'ALCA (Accord de libre Commerce
pour les Amériques). Un " contre-sommet " a eu lieu
au même temps, à l'appel des organisations altermondialistes et
avec l'appui du gouvernement argentin. Parallèlement, les organisations
de gauche et du mouvement ouvrier opposées à ce contre-sommet
ont organisé une mobilisation dans la rue pour protester contre la présence
de Bush et pour demander la rupture avec l'impérialisme. Chacun de ces
événements a son importance et mérite une réflexion,
même avec un certain retard. Beaucoup de questions en jeu en Argentine
sont très proches des thèmes en débat entre nous. C'est
un débat militant.
L'échec
de Bush et la crise en Amérique Latine
Le sommet de Mar del Plata a été un échec pour Bush. Il
a été même chahuté pendant la Conférence.
Il a pu imposer l'ALCA comme thème central mais la déclaration
finale enregistre la décision des pays du Mercosur (Argentine, Brésil,
Uruguay et Paraguay et le Vénezuela) d'ajourner la négociation.
Il est arrivé en Argentine comme un président en recul et il est
parti avec un recul supplémentaire. C'est une indication des difficultés
politiques croissantes de l'impérialisme américain.
Chavez a proclamé que le sommet était l'enterrement de l'ALCA.
Cette affirmation triomphaliste ne correspond pas à la réalité.
L'échec n'est pas tant le résultat d'une mobilisation contre l'impérialisme
que des propres contradictions de celui-ci. Après Mar del Plata, Bush
a rencontré Lula au Brésil. Leur déclaration commune affirme
dans son point 8 la validité de l'ALCA comme politique d'intégration.
Le gouvernement de gauche de l'Uruguay vient de signer avec les États-Unis
un traité de protection des investissements. Le Paraguay négocie
l'installation d'une base militaire. Quant au Venezuela, loin de quitter la
Conférence de Mar del Plata, il a signé la déclaration
finale.
Il n'y a pas un quelconque soulèvement national contre l'impérialisme
dans les pays du Mercosur. L'impérialisme a été amené
à travailler avec des gouvernements de gauche. Les conditions du marché
mondial, l'évolution des rapports entre les bourgeoisies et l'impérialisme
donnent lieu à une série d'affrontements et de conflits. Ces conflits
correspondent à la négociation des rapports de forces entre Etats
et seront présents aussi à Hong Kong dans les négociations
au sein de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce).
Le Mercosur ne constitue pas une alternative à la domination impérialiste.
C'est un bloc commercial appuyé par les bourgeoisies brésilienne
et argentine et aussi par les entreprises impérialistes qui ont investi
dans ces pays dans la production locale et qui voudraient un commerce le plus
" libre " possible. D'un autre côté, tant l'Argentine
que le Brésil ont un accès privilégié au marché
mondial des produits agricoles, mais les subventions de l'Union Européenne
et des États-Unis réduisent ces bénéfices.
Il ne faut pas confondre une lutte nationale avec un affrontement entre diverses
fractions du capital. La vraie question se situe au niveau des régimes
politiques. Les gouvernements de gauche seront-ils capables d'appliquer les
mesures que la domination impérialiste impose -par exemple, l'austérité
et la misère nationales pour les masses, avec des excédents budgétaires
de 5 % du P.B.I (Produit Brut Intérieur)- en gardant le contrôle
du mouvement ouvrier et en assurant la " paix sociale " ?
Rien n'est moins sûr.
De ce point de vue, la réunion de Mar del Plata a été aussi
un échec pour le gouvernement Kirchner. Le président de l'Argentine
a eu une réunion préalable avec Bush, pour arriver à un
compromis dans ses négociations avec le FMI (Fonds Monétaire International)
et les centres du capitalisme financier. Les demandes argentines ont reçu
une réponse négative et ont ouvert une phase d'instabilité.
La mobilisation
de la gauche
En quelques heures, comme dans un laboratoire mais dans la ville et dans les
rues, on a pu observer à Mar del Plata les protagonistes de différentes
alternatives politiques et sociales, on a pu observer leurs comportements et
leurs politiques.
Le fait que la population argentine, prise dans son ensemble, ait réservé
un mauvais accueil à Bush est aussi une indication sur la situation politique
du pays et du Continent. Il y a eu des manifestations diverses dans tout le
pays. Mais à Mar del Plata les événements ont été
plus complexes car il y a eu deux rassemblements opposés.
Un ensemble de groupes et partis a organisé le " contre-sommet "
dans un stade situé à la périphérie de la ville.
Cet ensemble comprend les organisations partisanes de Kirchner, le Parti Communiste,
les altermondialistes, des tendances diverses et aussi les représentants
des gouvernements de Cuba et du Venezuela. Le MST (Mouvement Socialiste des
Travailleurs) de l'Argentine, le PSOL (Parti pour le Socialisme et les Libertés)
et le PSTU (Parti Socialiste des Travailleurs Unifié) du Brésil
ont fait partie aussi de ce " contre-sommet ".
Quels ont été les traits politiques de ce rassemblement ? Pas
de mobilisation dans les rues pour demander le départ de Bush, pas de
programme de rupture avec l'impérialisme en Argentine et en Amérique
Latine, appui aux gouvernements qui appliquent des politiques directement néolibérales
(Lula et Vazquez) ou qui négocient de nouvelles conditions avec l'impérialisme
(Kirchner), une déclaration finale qui ne va pas plus loin que la charité
chrétienne et qui tourne le dos à la nécessité d'une
mobilisation au niveau continental contre l'impérialisme, pour l'expropriation
du grand capital, pour la révolution agraire, pour les revendications
ouvrières
Au lieu d'une mobilisation contre Bush et l'impérialisme,
on a eu droit à une mascarade de marche dans les rues à 7 heures
du matin avec Maradona et des politiciens du gouvernement à la tête
puis à une réunion, vers midi, dans le stade avec des chanteurs
et un discours final de Chavez, qui a fait l'éloge de Rosa Luxemburg
et de l'Alliance pour le Progrès de Kennedy, mais qui n'a pas soufflé
un mot sur une perspective de lutte. Il a enterré l'ALCA et fêté
le Mercosur.
Le " contre-sommet " de Mar del Plata a été
une version argentine du Forum Social Mondial de Porto Alegre financé
et contrôlé par le gouvernement. Le mouvement alter mondialiste
a exprimé ainsi ses tendances les plus négatives, comme un appendice
de gouvernements bourgeois.
La mobilisation contre Bush et sa politique et contre les gouvernements a eu
lieu le vendredi 4 dans l'après-midi et a reposé surtout sur les
épaules du Parti Ouvrier et de son organisation de piqueteros, le Polo
Obrero : y participaient également le PTS (Parti des Travailleurs
pour le Socialisme) et le MAS (Mouvement au Socialisme). Ces organisations avaient
appelé à boycotter le " contre-sommet ". La
CCC (Courant Classiste et Combatif), organisation de piqueteros du PCR (Parti
Communiste Révolutionnaire) maoïste a écouté Chavez
au stade et a participé ensuite à la manif. Cette mobilisation
a eu comme mots d'ordre " Bush dehors de l'Argentine et de l'Amérique
Latine " et aussi " rupture avec le FMI " et " retrait des
troupes de l'Argentine et du Brésil de Haití ". C'est une
question élémentaire. Il faut se mobiliser contre la domination
impérialiste et contre le gouvernement de son propre pays.
Marcelo
N.
1905,
il y a cent ans
La CGT, entre première expérience de grève générale
et adoption de la Charte d'Amiens
Le désarroi
est sérieux dans les rangs syndicaux, les interrogations nombreuses.
Dans la situation d'urgence actuelle, les directions confédérales
n'apportent aucune réponse pouvant satisfaire les militants soucieux
d'organiser les salariés pour se défendre contre l'offensive patronale
et gouvernementale. Au contraire, depuis longtemps intégrées au
système, elles se situent en accompagnement du pouvoir, incapables de
la moindre indépendance, voire comme des forces désorganisatrices.
Beaucoup de militants s'interrogent. Quel syndicalisme pour aujourd'hui ? Comment
reconstruire des organisations de la classe ouvrière indépendantes,
pour les luttes ? Comment maintenir ou redonner vie à une conscience
de classe ? C'est avec ces questions en tête qu'il est utile de revenir
aux années du début du siècle dernier, dans cette période
où les travailleurs construisaient leurs premières organisations
de masse, comme la CGT, en toute indépendance de la bourgeoisie. Il s'agissait
pour eux de bâtir une organisation de lutte pour conquérir des
droits sociaux et démocratiques, le droit à l'existence comme
êtres humains à part pleine et entière, pour conquérir
leur émancipation.
En 1905, la CGT entre dans sa dixième année, elle se lance dans
sa première grande expérience de grève générale
et prépare le congrès d'Amiens (1906) où elle adoptera
la célèbre Charte qui formule les conceptions du syndicalisme
révolutionnaire lié au courant anarchiste. Il y a pour les militants
d'aujourd'hui beaucoup à apprendre de cette période sur les questions
de la construction d'une organisation indépendante et des rapports militants.
Les problèmes politiques que ces militants ont eu à résoudre
apportent un éclairage utile sur les questions de la grève générale
et du rapport entre grève et révolution, et aussi sur le problème
de l'Etat et du pouvoir, des rapports entre politique et syndicalisme. Questions
militantes qui sont pleinement d'actualité.
Camarades et ami(e)s lectrices et lecteurs, vous pourrez poursuivre la lecture de cet article dans le cadre de notre rétrospective sur l'année 1905 en vous reportant sur notre site. Accéder à la totalité de l'article.
Franck
Coleman