| Débatmilitant | ||||||||||
| Lettre publiée par des militants de la LCR |
n°112
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29
juin 2006
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| Sommaire : | ||||||||||
| Face à l'arrogance d'un gouvernement failli, regrouper les anticapitalistes pour créer les conditions d'un mouvement d'ensemble | ||||||||||
| Discussion autour du manifeste : Un manifeste pour quel parti ? | ||||||||||
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Face
à l'arrogance d'un gouvernement failli,
regrouper les anticapitalistes
pour créer les conditions d'un mouvement d'ensemble
onforté
par Chirac qui avait déclaré, deux jours auparavant, lors de son
intervention télévisée " Je ne vois pas pourquoi aujourd'hui
je changerais un gouvernement qui a parfaitement rempli son contrat ",
Villepin a étalé sa suffisance et son mépris de la population,
lors de sa conférence de presse, hier, mercredi. Il n'avait, à
l'entendre, que de " bonnes nouvelles " à annoncer, au diapason
de la " victoire des Bleus ". Tout un symbole, l'intérêt
national marié aux soi-disant aspirations populaires, concentré
du populisme ambiant.
Villepin a parlé " baisse du chômage " quand il s'agit
de radiations des chômeurs et de la multiplication du travail précaire,
augmentation du pouvoir d'achat pour une hausse du Smic dérisoire de
3,05%, " indépendance énergétique du pays " et
" tarifs régulés " pour la privatisation de GDF et sa
fusion avec Suez, "humanité et fermeté " alors que va
s'amplifier la chasse aux enfants scolarisés des familles sans-papier...
" Aujourd'hui je suis venu vous parler d'égalité des chances
", a-t-il précisé en introduction, rappelant la loi votée,
comme il l'a dit " le 30 mars 2006 ". Provocation supplémentaire,
volonté de revanche sur le mouvement victorieux contre le CPE qui avait
aussi inscrit l'abrogation de cette loi dans ses objectifs alors même
qu'elle était déjà votée, manière de signifier
que désormais, l'ordre régnerait...
Une mauvaise farce alors que le couple de l'exécutif, qui n'a jamais
été si bas dans les sondages, est désavoué par sa
propre majorité dont certains députés ont demandé
la démission de Villepin, alors que le gouvernement est empêtré
dans les affaires Clearstream et EADS.
EADS,
l'Etat serviteur de la finance contre les salariés et la population
Ce même mercredi, Forgeard, le co-président d'EADS a " exclu
" de démissionner lors de son audition par les commissions des finances
et des affaires économiques de l'Assemblée nationale. Forgeard
est soupçonné de délit d'initiés, et pour cause,
il a vendu ses stock-options quelques semaines avant que l'annonce du retard
dans le programme de fabrication des Airbus A380 ne provoque l'effondrement
des cours qui ont chuté de 26% le 14 juin dernier. Un parachute doré
que n'auront certes pas les 1050 salariés de la Sogerma -et les 5000
autres employés dans la sous-traitance- dont il avait annoncé
lui-même le licenciement le 12 mai dernier.
Et de quelle mansuétude Forgeard n'a-t-il pas bénéficié
de la part des députés des deux commissions, même lorsqu'il
a prétendu qu'il avait été... " mis au courant des
retards en mai ". Le député UMP, Ollier, président
de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale,
n'a pas exclu la mise en cause de la direction, mais, a-t-il ajouté,
" sur les stock-options, pour le moment chacun reste avec ses doutes ".
Quant à Boucheron, responsable de la défense du groupe socialiste
à l'Assemblée, il a dédouané de toute responsabilité
la direction d'EADS, qu'il faut, a-t-il dit, laisser travailler " dans
la sérénité ".
Une communauté de jugement bien symptomatique de la complicité
de fait qui unit la droite et le Parti socialiste quand il s'agit de défendre
les dirigeants et gros actionnaires des trusts dont les intérêts
exigent que soient licenciés des milliers de travailleurs et appauvrie
la grande masse de la population. L'affaire Clearstream, celle d'EADS ne font
que mettre en pleine lumière les liens entre le personnel de l'Etat,
des partis de gouvernement et les trusts, l'opacité du système
dominé par les besoins du capital financier.
Le
travail et l'ordre, l'union sacrée contre les classes populaires
Voués à la défense de ces intérêts, les gouvernements
quels qu'ils soient, et les partis aspirant au pouvoir n'ont pas d'autre choix
que faire ou se préparer à faire une politique qui sert l'offensive
du patronat contre les droits des travailleurs et de la population, sauf à
remettre en cause l'ensemble du système.
Il n'y a plus qu'une seule politique possible, où se rejoignent la droite
et la gauche de gouvernement, qui ne peut qu'engendrer le mécontentement
croissant de la population.
Le fossé s'approfondit entre les partis de gouvernement et la population,
un fossé qui exprime l'incompatibilité des exigences de la finance
que sert tout ce petit monde et l'intérêt du plus grand nombre.
Croyant pouvoir surfer sur le rejet de la droite et du PS, l'effacement des
clivages entre cette gauche et la droite, Sarkozy a donné la semaine
dernière dans le social. Lui, le ministre de tous les gouvernements ces
cinq dernières années, il a dénoncé " un pouvoir
d'achat qui n'a presque pas augmenté ", " trois millions et
demi de travailleurs qui gagnent moins que le Smic ", soit " plus
de travailleurs pauvres que de RMistes ". Et de prôner " une
France nouvelle " en réhabilitant les " vraies valeurs ",
" le mérite, l'effort, le travail, la récompense ".
Cette démagogie populiste imprègne tous les discours. Villepin
fait du Sarkozy dans sa conférence de presse, mot pour mot, " valoriser
le travail plutôt que l'assistance ", " conjuguer humanité
et fermeté ", " faire en sorte que le travail soit mieux récompensé
dans notre pays "... Mais aussi Ségolène Royal aux critiques
de laquelle Sarkozy répond que " 2500 délinquants étrangers
ont été expulsés en 2005 ". Strauss-Kahn, interviewé
par Les Echos, déclare que la " remise en ordre de notre pays demandera
des efforts ".
L'unité
sur une politique de lutte, en rupture avec la politique du PS
La seule réponse au populisme dont profite, sans rien faire ni dire l'extrême
droite, c'est la généralisation des luttes sociales et politiques
contre le système.
Le gouvernement se maintient et prétend mener à bien son offensive
alors que jamais il n'a été dans une telle position de fragilité,
grâce à la complaisance de son opposition et à l'inertie
des directions syndicales qui ont repris, sans état d'âme, le chemin
du dialogue de dupes qu'est le " dialogue social ".
Il s'agit au contraire de mettre à profit son affaiblissement pour créer
les conditions d'un mouvement d'ensemble, légitimer et faire valoir,
par une campagne de masse, les intérêts et les exigences du monde
du travail, travailler à l'unité la plus large autour de ces objectifs.
Nous partageons l'aspiration unitaire de tous les militants, en particulier
ceux du Parti communiste, qui veulent rassembler toutes les forces disponibles
pour la lutte contre la droite libérale et populiste, tant sur le terrain
social que politique, dont celui des élections. Mais cette lutte ne peut
se mener qu'en rupture avec la politique du Parti socialiste et des directions
syndicales. Le mouvement contre le CPE l'a montré, les jeunes n'ont pu
exercer leur pression et entraîner l'ensemble des organisations syndicales
et politiques de gauche que parce qu'ils ne se sont pas pliés au cadre
que ces derniers auraient voulu leur fixer, le retrait du seul CPE, et qu'ils
se sont donné les moyens de contrôler eux-mêmes leur lutte
en y imposant la démocratie de leurs assemblées générales.
Quant à l'unité dans les élections, elle ne peut se faire
qu'entre ceux qui ne sont pas partie prenante d'une majorité parlementaire
destinée à soutenir un gouvernement gérant les affaires
de la bourgeoisie, autrement dit aujourd'hui qu'entre ceux qui ne veulent pas
gouverner avec le PS.
Il s'agit de construire une opposition ouvrière et populaire à
la politique du patronat et du gouvernement, celui failli de la droite aujourd'hui,
celui qui sortira des élections demain, quel qu'il soit. De regrouper
sur une base politique claire, une politique de lutte, tant sur le terrain social
que politique, qui s'articule autour de la défense des mesures d'urgence
sociale et démocratique, la préparation d'une mobilisation d'ensemble
et la nécessité du contrôle de la population sur la marche
de l'économie et de l'Etat. En un mot de jeter les bases d'un parti anticapitaliste
largement ouvert aux travailleurs et aux jeunes.
Galia
Trépère
Discussion
autour du manifeste :
Un manifeste pour quel parti ?
La
CN de la LCR, en discutant à la fois de la question des prochaines élections
et du Manifeste, marque une étape importante. Elle vient de décider
à une large majorité la candidature d'Olivier Besancenot sur des
bases anticapitalistes, celles du plan d'urgence social et démocratique,
des mobilisations pour imposer celui-ci et du contrôle de la population
sur la marche de l'économie et de l'Etat.
La campagne s'insère dans notre travail de construction d'une nouvelle
force anticapitaliste, d'un parti des luttes et des travailleurs. Dans cet objectif,
le Manifeste doit s'axer sur la question du programme d'un tel parti, de la
stratégie révolutionnaire, non pas de façon dogmatique
mais à partir des évolutions du capitalisme lui-même et
des luttes du monde du travail confronté à l'offensive de l'aristocratie
financière.
Cette nouvelle situation pose toute une série de questions à bien
des militants. Quelle évolution du capitalisme, des appareils, des partis
réformistes et staliniens ? Quelles évolutions des consciences
? Quelles perspectives offrir aux ruptures qui s'opèrent ? Et l'ensemble
de ces questions débouche nécessairement sur la question du pouvoir,
qui dirige ? Et donc celle du parti instrument de la lutte pour le pouvoir.
C'est cette question que nous voudrions aborder et à laquelle, pensons-nous,
le projet de Manifeste apporte une réponse qui manque de clarté.
Cette question est une préoccupation majeure qui pose le problème
du contenu que nous donnons à la notion de parti anticapitaliste large.
Une
nouvelle force en rupture avec les partis de la gauche gouvernementale
Au centre du débat du Manifeste se trouve
donc posée la question de la délimitation politique de la nouvelle
force que nous voulons construire. Celle-ci doit-elle se penser comme une alliance
avec d'éventuels courants anti-libéraux où les révolutionnaires
ne seraient qu'une tendance, ou au contraire, l'extrême-gauche n'est-elle
pas en situation, aujourd'hui et dans ce pays, d'être l'aile marchante
de cette force anticapitaliste en formulant une politique pour les luttes qui
pose la question du pouvoir ?
Du coup, le Manifeste reste flou sur un certain nombre de questions, sans suffisamment
mettre l'accent sur le lien entre la lutte de classe jusqu'au bout et la possibilité
de construire un " autre monde " débarrassé de l'exploitation
capitaliste.
Or nous avons besoin de clarifier les choses et de définir notre propre
stratégie révolutionnaire, qui ne peut dépendre des éventuels
accords tactiques à tel ou tel moment. Cette stratégie prend appui
sur l'évolution même du capitalisme, qui crée aujourd'hui
les conditions des ruptures qui s'opèrent parmi les militants du PC,
les militants syndicaux, la jeunesse.
Pour aider à ces ruptures et pour uvrer à une renaissance
du mouvement ouvrier, il y a besoin de discuter les raisons de la faillite des
partis réformistes et de sortir de toutes les caricatures du marxisme
social-démocrates ou staliniennes.
Ainsi, les évolutions de la gauche gouvernementale ne sont pas dues à
un " modèle libéral " ou à des choix idéologiques
abstraits qui se seraient imposés au fil du temps, mais à l'évolution
même du capitalisme et du rapport de force entre les classes.
La social-démocratie défendait aussi les intérêts
de la bourgeoisie dans la période précédente quand elle
défendait l'intervention de l'Etat. Cela correspondait à un certain
rapport de force dû à la pression de la classe ouvrière,
de l'URSS, des révolutions coloniales. Aujourd'hui, ce rapport de force
a changé, le capitalisme sape les bases mêmes du réformisme
et la social-démocratie se convertit au social-libéralisme. Sa
politique se distingue de moins en moins de celle des partis de droite
Jusqu'au populisme et à la démagogie sécuritaire, traduisant
le fait que le capitalisme ne laisse aucune marge de manuvre dans son
offensive contre le monde du travail.
Les anciens partis staliniens, confrontés à la chute de l'URSS,
essaient pour survivre d'occuper la place laissée libre par la social-démocratie,
sur le terrain de l'anti-libéralisme. Mais là encore, ce nouveau
réformisme n'a aucun avenir dans cette période d'offensive de
l'aristocratie financière, si ce n'est de passer des alliances parlementaires
avec les sociaux-libéraux.
Cette situation nouvelle entraîne des changements dans les consciences
de bien des militants ou de jeunes qui veulent se battre pour transformer les
choses et qui n'acceptent pas la loi des marchés financiers. Le problème
de la convergence des luttes pour imposer une autre répartition des richesses
se pose largement, en rupture avec toutes les politiques d'accompagnement ou
de gestion du capitalisme. Face au chômage de masse, il faut s'en prendre
aux bénéfices des actionnaires, à leur mainmise sur la
marche de la société et donc à la propriété
privée elle-même, que défendent l'Etat et les institutions
bourgeoises.
Dans ce contexte de ruptures avec les vieux appareils, de luttes et de résistances
face à l'offensive capitaliste, une gauche révolutionnaire et
démocratique s'est développée à partir des organisations
trotskystes, essentiellement la LCR et LO qui ont défendu le plan d'urgence
social et démocratique. C'est ce qu'ont révélé les
scores d'Arlette Laguiller en 95 puis d'Arlette et d'Olivier aux élections
présidentielles de 2002.
C'est cette situation politique et sociale qui crée les conditions de
la construction d'une nouvelle force, qui devrait regrouper les organisations
d'extrême-gauche, de la gauche radicale et toutes celles et ceux qui se
situent dans le camp des travailleurs et qui recherchent une solution hors du
capitalisme et de ses institutions.
La
question du parti au cur du plan d'urgence social et démocratique
Face à l'offensive de la bourgeoisie qui
multiplie les plans de licenciements et à celle du gouvernement qui s'attaque
aux moindres droits des travailleurs ou des chômeurs, le plan d'urgence
et sa démarche transitoire n'ont plus un caractère seulement propagandiste.
Le plan d'urgence fait le lien entre la question des revendications immédiates
face aux attaques du capitalisme et celle de qui contrôle, qui dirige
et détient le pouvoir. Le parti dont les exploités ont besoin
fait de même le lien entre les luttes quotidiennes et la lutte pour le
pouvoir des travailleurs.
Mais aller au bout de la démarche implique de poser la question de l'organisation
des salariés pour imposer de telles mesures et donc celle de la construction
d'un parti large des travailleurs et des luttes qui ne pourra se construire
qu'à partir des mobilisations du monde du travail et de la jeunesse.
Les mesures de notre plan d'urgence ne sont pas des propositions électorales
ou même un programme syndicaliste radical. Elles partent de cette situation
où le capital mène une lutte acharnée pour son taux de
profit et où toute revendication sérieuse et d'ampleur s'affronte
directement à ses intérêts protégés par l'Etat.
Cela signifie formuler un programme pour les luttes, dégagé du
" dialogue social " où sont plongées les directions
syndicales et dégagé de ceux qui voudraient enfermer les travailleurs
dans une nouvelle mouture d'union de la gauche en 2007.
Ce programme signifie formuler une politique indépendante pour le monde
du travail, quel que soit le gouvernement. C'est justement la leçon des
dernières décennies qui ont montré que si le mouvement
ouvrier, ses organisations et leurs directions n'ont pas une compréhension
claire du capitalisme et de la politique des classes dominantes, ils ne sont
pas en mesure de se battre, ni même de résister.
Une telle politique indépendante défendant les intérêts
du monde du travail, ne peut naître spontanément. La construction
d'un parti est une partie intégrante de la réalisation des mesures
du plan d'urgence. C'est en s'organisant politiquement que les travailleurs
peuvent, à partir des luttes elle-même, populariser la mesure de
l'interdiction des licenciements et du contrôle sur la marche des entreprises,
tel que l'avaient fait les salariés de Lu-Danone en 2001. La convergence
des luttes sur cette politique, en transformant le rapport de force, permettrait
de créer les conditions de ce contrôle sur la marche des entreprises,
et aussi d'appliquer cette même méthode à tous les niveaux
de la société : contrôle sur l'Etat, ses institutions, sur
les mairies par rapport à la dégradation de la situation des quartiers
populaires, etc.
De telles mesures qui supposent des incursions dans la propriété
privée, impliquent de rompre avec tous les préjugés réformistes
selon lesquels il n'y a rien de possible hors de la direction de la bourgeoisie.
Face à cela, les opprimés ont besoin de s'organiser en parti pour
formuler leurs intérêts politiques, mais un parti différent,
extraparlementaire, qui relie en permanence les luttes et la question politique.
A l'opposé, tous les partis réformistes dissocient en permanence
ces deux questions : d'un côté les syndicats, voire les "
partenaires sociaux ", qui négocient à l'échelle de
telle ou telle entreprise et de l'autre le gouvernement qui vote les lois dans
le cadre des institutions : ce qui conduit à soumettre la classe ouvrière
à l'Etat bourgeois lui-même.
Un
parti des luttes aujourd'hui et de la lutte pour le pouvoir des travailleurs
demain
Construire un parti pose évidemment la
question du pouvoir politique. Alors bien sûr, nous ne sommes pas en mesure
aujourd'hui, au regard du développement actuel de la lutte de classe,
de définir précisément bien des points d'une stratégie
de transformation révolutionnaire de la société. Mais nous
devons en tracer les perspectives et les lignes générales à
partir de l'évolution du capitalisme lui-même, en faisant le pont
entre la question des luttes et celle du pouvoir.
Le parti que nous voulons, parti de l'émancipation des opprimés
par eux-mêmes, pose cette question du pouvoir en la reliant à la
question des luttes et du contrôle des salariés et de la population
sur la marche de la société et de l'Etat. Nous ne pourrions participer
qu'à un gouvernement démocratique des travailleurs issu d'une
mobilisation d'une nature telle que ces derniers commencent à exercer
un contrôle effectif sur l'économie, notamment les activités
bancaires et le crédit, ainsi que sur l'Etat. Encore une fois, les mesures
du plan d'urgence ne peuvent être prises dans le cadre d'un gouvernement
respectant les institutions telles qu'elles sont qui garantissent les intérêts
de la propriété privée.
Un tel gouvernement s'appuierait sur toutes les initiatives démocratiques
des salariés, sur les assemblées populaires, d'entreprises, de
quartier, etc. pour imposer les mesures démocratiques et autoritaires
vis-à-vis de la bourgeoisie : l'ouverture des comptes, la prise en main
de la production en fonction des besoins sociaux, l'organisation de la population
dans les quartiers pour imposer les mesures indispensables en terme de services
publics, de crèches, d'écoles, etc.
En ce sens, ce gouvernement ne saurait être que transitoire, préparant
la prise du pouvoir des travailleurs eux-mêmes à partir de leur
expérience concrète et quotidienne du pouvoir.
Même si aujourd'hui l'état des mobilisations n'en est pas là,
mener le débat pour articuler le programme du parti et du plan d'urgence
dans une perspective de transformation révolutionnaire de la société,
à partir des conditions concrètes de la nouvelle période,
est une des tâches du Manifeste.
Ce n'est pas une perspective abstraite, au contraire, puisqu'elle se traduit
pratiquement aujourd'hui par la nécessité de construire un parti
des luttes et des travailleurs, anticapitaliste, qui soit de toutes les batailles
sociales et politiques, y compris les élections, dans l'objectif de préparer
un mouvement d'ensemble.
Denis
Seillat