| Débatmilitant | ||||||||||
| Lettre publiée par des militants de la LCR |
n°125
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2
novembre 2006
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| Sommaire : | ||||||||||
| Notre campagne | ||||||||||
| Brésil : victoire électorale de Lula et continuité du combat de la classe ouvrière | ||||||||||
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Le
" débat " qui a agité la droite et le Parti socialiste
autour des " jurys de citoyens " évoqués par
Ségolène Royal en dit long sur les préoccupations de tous
ces gens en campagne pour la présidentielle de 2007. Quelle que soit
la démagogie de la proposition, la seule idée du contrôle
des élus est pour eux une agression. Fabius a appelé à
ne pas " introduire une méfiance à l'égard
des élus que je crois, ils ne méritent absolument pas ",
Strauss-Kahn à ne pas " bâtir une société
sur la suspicion généralisée "
Quant
à Sarkozy, il a qualifié l'idée " d'outrancièrement
populiste " tandis que Villepin évoquait rien moins que
la Révolution française
se demandant s'il fallait téléviser
une partie des conseils des ministres (mais surtout pas la partie délibérative !)
pour que les citoyens sachent " comment ça marche "
Cette farce illustre à quel point la démocratie leur est étrangère.
Leur " démocratie ", ce sont des institutions à
l'abri de toute intervention de la population, un Président élu
avec 19,88 % des exprimés au 1er tour, un gouvernement et un Parlement
désavoués tant par les luttes que par le référendum
sur le TCE
Une démocratie à l'image de ceux qu'elle sert
et qui s'abritent derrière le huis clos des conseils d'administration
des entreprises et le secret des coffres forts et des comptes en banques.
Leur système est étanche à toute démocratie véritable.
L'ensemble des mécanismes du pouvoir, des institutions, est rodé
pour garantir à la bourgeoisie la stabilité politique qui fait
que cela ne pourra pas changer par les élections. Seule l'intervention
directe des classes populaires et de la jeunesse, prenant elles-mêmes
les choses en main, pourra inverser le cours des choses.
Le
monde du travail et de la jeunesse, candidat à diriger démocratiquement
la société
Face à tous ceux qui postulent pour diriger les affaires de la bourgeoisie
et se protègent de la démocratie réelle car ils craignent
l'intervention des travailleurs, la classe ouvrière et les jeunes postulent,
eux, à remettre la société à l'endroit, à
faire en sorte que les besoins de tous soient satisfaits, que chacun ait un
logement, un emploi, un salaire décent.
Cette exigence démocratique est celle portée par toutes les luttes,
celle de la jeunesse contre la précarité au printemps dernier,
celle des réseaux RESF, des expulsés de Cachan, les luttes contre
les licenciements, pour les salaires, pour la dignité. Elles contestent
toutes la logique de cette société où le travail collectif
ne sert pas à satisfaire les besoins mais à alimenter la finance,
où le progrès se transforme en son contraire et ne sert qu'à
enrichir une poignée de parasites et plonge toujours plus de travailleurs
dans la précarité, le chômage et la misère. Elles
posent la question de qui dirige, les patrons, les gros actionnaires ou la population ?
Ce sont ces exigences dont la LCR veut être l'expression dans les élections,
c'est le sens de la candidature d'Olivier Besancenot.
Face à l'oppression, au cynisme, aux provocations, nous sommes candidats
pour exprimer la révolte du monde du travail et des classes populaires,
faire entendre leurs revendications.
" Police
partout, justice nulle part "
Parce que les intérêts de la bourgeoisie sont incompatibles avec
une politique démocratique qui viserait à apporter des solutions
aux difficultés de la population et en particulier des plus défavorisés,
la droite, Sarkozy en tête, multiplie les provocations et les mesures
sécuritaires. Elle n'a d'autre réponse aux maux que sa politique
engendre que la répression. La loi de prévention de la délinquance
qui va être votée en novembre vise à stigmatiser les pauvres,
à accroître les possibilités répressives, à
encadrer la population et particulièrement les jeunes, tentant de transformer
les maires et les travailleurs sociaux en mouchards. Et le gouvernement vient
d'utiliser les conséquences dramatiques de l'incendie d'un bus à
Marseille, cet acte criminel et absurde, pour en rajouter : 4000 CRS supplémentaires
déployés dans les " quartiers sensibles ",
des peines de 30 ans annoncées avant même que le jugement ait eu
lieu, et la création d'un nouveau délit, le " délit
d'embuscade "
tandis que Le Pen, lui, encourage la police
à " riposter à balles réelles ".
Le Parti socialiste n'est malheureusement pas en reste. Fabius a ainsi appelé
à " châtier ces salopards " et Royal
explique qu'il faut " ré encadrer les familles ",
enfermer les " fauteurs de troubles " dans des " centres
éducatifs " encadrés par des militaires
et
elle se prononce pour le maintien des CRS dans les cités car d'après
elle, " ce sont eux qui assurent la protection "
Les mêmes, l'an dernier, soutenaient l'état d'urgence.
Seule la population peut apporter des réponses à la crise, par
sa propre mobilisation pour des mesures démocratiques, en posant la question
du chômage, des salaires, du logement, des services publics. A défaut,
le sécuritaire envahit toute la société.
Battre
la droite, c'est battre sa politique
On nous dit : " l'essentiel est de battre Sarkozy ",
mais battre Sarkozy et la droite, c'est battre leur politique, mettre en échec
toutes les politiques libérales et sécuritaires.
Le Parti socialiste agite le fantôme du 21 avril
Si Jospin a obtenu
à peine 16 % des voix, la gauche gouvernementale ne peut s'en prendre
qu'à elle-même, c'est son affaire, sa responsabilité, pas
celle de ceux qui n'ont jamais renié leurs idées pour quelque
poste que ce soit.
Depuis 25 ans, chaque fois qu'elle a été au gouvernement, la gauche
a officié à la mise en uvre de l'offensive capitaliste.
Elle a appliqué les mesures libérales exigées par le patronat,
les privatisations, a accompagné tous les reculs, appelant les travailleurs
à se soumettre à la logique capitaliste. Elle a une lourde responsabilité
dans la situation actuelle et dans la montée de l'extrême droite.
Alors, si nous voulons écarter Sarkozy, nous ne voulons pas approuver
le candidat du PS, quel qu'il soit.
Battre la droite, cela veut dire mener le combat contre ses idées et
pour cela, il faut que nous soyons présents car on ne peut pas compter
sur le PS pour le faire. Faire reculer les idées de Sarkozy et de l'extrême
droite ne peut se faire qu'en menant le combat politique du point de vue des
opprimés, contre tous ceux qui défendent l'ordre et le droit des
riches. Notre propos n'est pas de faire obstacle à la victoire de la
gauche, mais c'est à elle de gagner la confiance des électeurs
et nous ne lui signerons aucun chèque en blanc. Nous porterons les exigences
sociales et démocratiques qui sont, et demeureront après les élections,
une urgence quel que soit le gouvernement qui sortira des urnes.
Les
élections au service des luttes
Nous voulons dans les élections être l'expression des revendications
du monde du travail pour que la campagne soit une aide pour changer le rapport
de force et préparer les luttes.
Tous les militants ouvriers se posent aujourd'hui le problème de comment
résister à l'offensive qui redouble. Délocalisations, plans
de licenciements en cascade, appels à la suppression de la durée
légale du temps de travail, remise en cause de l'ensemble des droits
sociaux et démocratiques, font naître une profonde révolte
mais aussi le désarroi. Et la capitulation de la gauche libérale
et de la majorité des directions syndicales pèse lourd.
Face à la violence des rapports sociaux, notre campagne veut aider à
reprendre confiance, à refuser la soumission aux " réalités
économiques " qui ne sont que les réalités
de l'exploitation, de la domination d'une poignée de privilégiés
cyniques, à l'image de ces députés UMP et UDF qui viennent
de voter un amendement pour " évaluer le train de vie "
des futurs ayant-droit au RMI et à la CMU !
Aucune attaque, aucun licenciement, aucune expulsion ne sont justifiables !
Nos revendications sont pleinement légitimes.
Au cours des dix dernières années, les luttes du monde du travail
n'ont certes pas réussi à renverser le rapport de forces, mais
elles ont exercé un contrepoids et elles ont permis de franchir des étapes
importantes pour préparer la suite. Nous avons été des
centaines de milliers à faire l'expérience de la force de l'organisation
démocratique, à la base, dans les sections syndicales, les unions
locales, les collectifs militants unitaires, les assemblées générales
de lutte. En 2003 contre la réforme des retraites comme en 2006 contre
la précarité et le CPE, et dans une certaine mesure en 2005 contre
le traité constitutionnel, des milliers de militants du mouvement, de
toutes générations, ont pris en main de façon collective
et en ne comptant que sur eux-mêmes, la bataille de l'opinion, menant
une campagne politique contre la logique libérale, pour le partage des
richesses, pour remettre la société à l'endroit.
Les élections sont l'occasion de prolonger ce combat politique, de populariser
les mesures nécessaires pour répondre à l'urgence sociale
et démocratique.
Regrouper
les anticapitalistes
Nous voulons utiliser les élections pour appeler les travailleurs et
les jeunes à prendre part à la bataille politique. A travers notre
campagne, nous voulons contribuer au regroupement de tous ceux qui veulent préparer
un autre avenir que celui de la " concurrence libre et non faussée ".
Nous voulons réaliser l'unité des anticapitalistes, et nous sommes
pour cela en désaccord avec le Parti communiste qui veut réaliser
l'unité de toute la gauche et avec le texte " ambition-stratégie-candidature "
du collectif pour des candidatures unitaires qui ménage la possibilité
d'une alliance avec le Parti socialiste.
La remise en cause des politiques libérales ne pourra se faire que par
les luttes, l'intervention directe des travailleurs et des masses populaires,
en remettant en cause l'ensemble du système, par en bas.
Le plan de mesures d'urgence pour lequel nous militons est un programme pour
les luttes : l'interdiction des licenciements, le partage du travail entre
tous, l'augmentation des salaires de 300 € et aucun salaire ni revenu
inférieurs à 1500 € net, la satisfaction des besoins
collectifs immédiats ne pourra s'obtenir que par des mobilisations qui
remettront en cause la propriété de la bourgeoisie et son droit
à décider. Ces revendications posent le problème de la
nécessité du contrôle de la production et de l'ensemble
de l'économie et des richesses par les travailleurs et les couches populaires.
La campagne est l'occasion de faire entendre ces revendications, de les promouvoir
largement, de convaincre de leur légitimité et de la légitimité
de nos luttes pour exiger notre dû, quel que soit le gouvernement qui
sortira des élections de 2007.
Et elle pose le problème de la nécessité du regroupement
des anticapitalistes, de tous ceux qui se situent dans le camp du monde du travail,
en toute indépendance vis-à-vis des institutions et des appareils,
pour unir nos forces, créer une nouvelle dynamique, entraîner,
donner confiance.
Il nous faut travailler à jeter les bases d'un nouveau parti large, clairement
anticapitaliste, regroupant tous ceux qui mènent le combat pour une autre
société, tous les militants fidèles au camp des travailleurs.
Ce regroupement est au cur des mobilisations où se retrouvent les
militants de la LCR, ceux de Lutte Ouvrière ou ceux du Parti communiste,
ainsi que bien des militants syndicalistes ou associatifs. C'est en débattant
avec eux que, ensemble, nous pourrons construire une force nouvelle, démocratique
et révolutionnaire.
Carole
Lucas
Brésil
: victoire électorale de Lula
et continuité du combat de la classe ouvrière
Lula a gagné
facilement, dimanche dernier, le deuxième tour de l'élection présidentielle,
avec plus de 60 % des voix. En même temps, le Parti des Travailleurs
(PT) s'est imposé dans 6 des 10 Etats en ballottage, mais il a perdu
le Rio Grande do Sul. Le PT contrôle maintenant 16 des 27 gouverneurs,
mais il est minoritaire à l'Assemblée Nationale.
Ces résultats n'effacent pas les conséquences politiques du premier
tour (voir Débat Militant 122 du 12 octobre). Lula n'a pas gagné
au premier tour comme prévu, Alkmin avait fait un bon score (41,6 %
des voix) et la gauche a obtenu un résultat significatif, avec les 6,85 %
d'Héloisa Hélena. D'ailleurs, Lula l'a reconnu et apporté
une première réponse en annonçant
que son prochain
gouvernement à partir du 1er janvier 2007 serait, plus encore que le
premier, un gouvernement d'accord national avec une participation plus importante
des autres partis de droite de sa coalition.
Lula
au service de la bourgeoisie avec le soutien de l'impérialisme
D'ailleurs, l'impérialisme et la bourgeoisie ne s'y sont pas trompés.
Les programmes n'avaient pas de différences ; la campagne pour le
deuxième tour s'est concentrée sur la question de la corruption.
C'était un affrontement entre équipes et non entre politiques
alternatives.
A Washington, on est très content de la victoire de Lula et Bush a eu
le geste politique de lui téléphoner pour le féliciter
et l'inviter chez lui. Lula a répondu qu'il ira " très
vite ". Washington compte sur Lula pour essayer de contenir Chavez,
l'affaiblir et l'abattre. Le gouvernement brésilien vient de jouer ce
rôle dans les négociations avec Evo Morales sur la continuité
de l'activité de compagnies privées, Petrobras en premier lieu,
dans l'exploitation du pétrole et du gaz.
Le gouvernement de Lula est devenu une pièce maîtresse dans le
dispositif impérialiste en Amérique Latine. Pour Wall Street,
ce type de gouvernement " démocratique et populaire "
devient clé, à la fois pour satisfaire les exigences immédiates
du saccage impérialiste, avec le paiement de la dette, et sa domination
impériale.
Cette complicité n'exclut pas les affrontements, affrontements à
la fois sur la politique économique et sur les négociations internationales
et la place du capitalisme brésilien dans l'économie mondiale.
L'évolution
du Brésil, élément de l'évolution du capitalisme
mondial
Le capitalisme brésilien a connu un développement important dans
les 25 dernières années et Sao Paulo est devenu la principale
concentration capitaliste de l'Amérique Latine. Mais ce développement
n'annule pas, au contraire, les traits d'arriération et de domination
impérialiste caractéristiques du pays. Le gouvernement Lula les
a renforcés. En 4 ans, il a payé 75 milliards de dollars pour
les intérêts de la dette et consacré 4 milliards à
l'action sociale. Au Brésil, le taux d'intérêt est de 13 %,
3 fois les niveaux du marché mondial. Les bénéfices directement
parasitaires du capital font, aujourd'hui, la richesse de la bourgeoisie du
pays et du monde.
Ces conditions de la marche des affaires engendrent leurs propres contradictions.
La bourgeoisie et les investissements étrangers qui continuent à
faire fonctionner des usines et assurent la colonne vertébrale du pays,
subissent aussi les effets de ces taux d'intérêts. L'orthodoxie
de Lula pendant ces 4 années a assuré une stabilité importante
au système financier international, mais a créé des conditions
explosives de crise. Le débat sur la politique économique est
en cours. L'accord entre Lula et Altkim sur la nécessité d'introduire
des " changements " a assuré le consensus
de la bourgeoisie sur les deux candidatures et explique l'indifférence
face à la défaite du candidat de droite, après son succès
du premier tour.
Affirmer que Lula suit une politique " néolibérale "
et qu'il va la continuer est vrai mais bien des changements peuvent intervenir.
Lula suit une politique de préservation et de défense du capitalisme
brésilien dans son ensemble et certains virages peuvent s'avérer
nécessaires, sans aucun changement de fond.
Lula a mis en place un programme d'aide sociale massive qui concerne 11 millions
de personnes, le programme Bolsa Familia. C'est un dispositif-clé à
la fois pour les élections - " les pauvres "
ont voté massivement pour Lula et ont assuré sa victoire -
et pour le régime politique du PT, basé sur le clientélisme,
le contrôle bureautique et la mise au régime des organisations
populaires. Ce programme définit une méthode d'assistanat et de
maintien de la population dans la misère et non une méthode pour
" faire évoluer progressivement " le pays
vers des meilleures conditions de vie. Dans ce sens, Lula est un " réformiste "
sans réformes et le capitalisme brésilien continue à être
un capitalisme de l'arriération, de la misère, de l'analphabétisme,
du chômage, du développement inégal et combiné.
Les
questions pour les révolutionnaires
Les discussions sur Lula et le PT et la nature de leur politique sont nécessaires,
mais plus importante est la question de comment peut émerger dans ces
conditions une force politique de lutte contre sa politique et le régime
social. Le score électoral d'Héloïsa Helena montre que ce
débat n'est pas théorique ; il concerne, dans la période
actuelle, un ensemble d'organisations et des militants et une fraction de la
classe ouvrière, de paysans sans terre, des mouvements en lutte.
Au Brésil, la domination du PT, qui a connu un saut qualitatif avec son
arrivée au pouvoir en 2003, a été une défaite politique
pour le mouvement ouvrier et les exploités, un élément
de démoralisation, désorganisation, confusion. Une politique directement
antiouvrière et de soumission à l'impérialisme a été
annoncée et appliquée par un Parti qui pouvait et peut encore
se prévaloir de l'appui massif des secteurs populaires et de l'" origine
ouvrière " de ses dirigeants.
Le recul politique a été néanmoins limité, surtout
parce que des luttes se sont développées contre la politique de
Lula et des nouveaux regroupements politiques se sont produits et/ou consolidés.
Il faut inscrire dans ce cadre l'émergence du PSOL et surtout la formation
et les avancés de Conlutas et du PSTU. Conlutas est aujourd'hui un groupement
national de structures ouvrières et populaires contre la politique du
gouvernement, avec une intervention réelle dans les luttes, et qui prépare
une prochaine rencontre nationale unitaire.
Le deuxième tour de l'élection présidentielle a montré
aussi les limites du " Front de Gauche " de Héloïsa
Hélèna. Le Front n'a pas pu décider une position commune.
Une de ses composantes, certes mineure, le Parti Communiste Brésilien,
a appelé à voter Lula, mais aussi certaines fractions du PSOL
se sont positionnées pour le vote Lula. Par ailleurs, le PSTU et le PSOL
ont pris des positions séparées et pour une part différentes.
Le PSTU a appelé au " vote nul " et le PSOL a appelé
à ne voter pour aucun des deux candidats (Rouge, 26 octobre).
La déclaration du PSOL est rédigée essentiellement en référence
à la campagne de Héloisa Héléna, " pour
un gouvernement honnête et moral, pour un programme de transformations
profondes du modèle économique, politique et social du pays ".
Précisément, les camarades du PSTU qui continuent à dire
que le " Front de Gauche " a été une initiative
correcte avec des bons résultats pour la candidature de Héléna,
font une critique très ferme de la campagne et du comportement politique
de la candidate à la Présidence.
Le " Front de Gauche " a essayé de présenter
pendant la campagne un visage le moins radical possible. Le choix du candidat
à la vice-présidence l'avait déjà montré.
Dans la campagne, au lieu de parler de la rupture avec l'impérialisme,
du non-paiement de la dette et de l'opposition aux réformes, comme le
fait le programme du Front, les candidats ont avancé comme programme
la réduction du taux d'intérêt, la question la plus partagée
par certaines fractions de la bourgeoisie.
Héléna a été la candidate de la lutte contre la
corruption et non d'un programme de lutte. Aussi, elle s'est prononcée
contre l'avortement et est intervenue, par exemple au moment du conflit contre
les 1600 licenciements chez Volkswagen, sans demander une interdiction immédiate
des licenciements mais en exigeant des crédits bon marché pour
l'entreprise et un changement de politique économique.
Le PSTU critique aussi la candidate parce qu'elle n'a pas mené une campagne
unitaire en faveur de candidats aux élections législatives. De
fait, les résultats électoraux du Front ont été
très inégaux : 6,85 % pour Héloisa Héléna
et 1,25 % pour les législatives. Les chiffres sont loin de l'euphorie
initiale du 12 à 15 % pour la présidentielle et plus de 5 %
pour les législatives - la barrière des 5 % étant
importante pour des raisons financières et politiques. Les candidats
du PSTU ont pâti de mauvais scores dont la campagne serait en partie responsable.
C'est évident que les résultats électoraux et leur signification
politique demandent une appréciation détaillée. La nature
de la politique bourgeoise et impérialiste de Lula ne l'empêche
pas, ou pas encore, de concentrer un vote populaire, mais n'empêche pas
non plus les luttes et l'opposition de militants ouvriers et populaires avec
l'apparition et la consolidation d'alternatives politiques anti-capitalistes
et de lutte.
L'émergence de ces alternatives demande à la fois une délimitation
politique et programmatique claire et une orientation unitaire convaincue. Les
questions électorales sont importantes à cette étape et
l'expérience de nos camarades au Brésil montre que la construction
de fronts politiques électoraux " les plus larges possible
à la gauche du PT " n'est pas une solution en soi. Pour
être féconde une telle politique nécessite une stratégie
d'ensemble qui dépasse la simple question électorale.
Marcelo
N.