| Débatmilitant | ||||||||||
| Lettre publiée par des militants de la LCR |
n°156
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7 juin 2007
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| Sommaire : | ||||||||||
| Votez pour l'avenir, votez révolutionnaire, votez pour les candidats de la LCR | ||||||||||
| Pour poursuivre le débat avec les camarades de Lutte Ouvrière | ||||||||||
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Votez
pour l'avenir, votez révolutionnaire,
votez pour les candidats de la LCR
La campagne des
législatives se déroule dans un climat où se mélangent
les illusions, le désarroi, l'indifférence désabusée,
la colère contenue, la révolte, l'envie aussi de riposter voire
de s'engager pour ne pas subir. Bien des travailleurs restent abasourdis, sans
réponse devant une situation qu'ils n'ont pas vu venir, déboussolés
devant la politique de Sarkozy, les ralliements d'anciens dirigeants du PS ou
la complicité des directions syndicales. Comme hésitants souvent
à mesurer l'ampleur de la capitulation de la gauche, de sa défaite,
à en tirer les leçons, désorientés aussi devant
le manque de perspectives, le manque de confiance dans leurs propres forces
La révolte, l'inquiétude cherchent parfois à se rassurer
en se laissant aller à croire au bluff de Sarkozy mais le plus souvent,
lucides, elles sont paralysées par le manque de perspectives, d'organisation,
d'appui politique. Prises à contre-pied par la politique de Sarkozy qui
ne correspond pas à ce que laissait envisager sa diabolisation par la
gauche, elles restent le plus souvent dans l'expectative. Mais déjà
le mécontentement sourd comme au sujet de la franchise médicale.
L'hypocrisie du slogan " travailler plus pour gagner plus "
s'étale au grand jour avec la mascarade des heures supplémentaires
dont le seul résultat sera d'encourager les patrons à allonger
le temps de travail au lieu d'embaucher même en CDD
Sarkozy habille sa politique réactionnaire des oripeaux du dialogue social
tout comme d'ailleurs la gauche l'aurait fait. " Je ne dis rien
d'autre que ce que disent Dominique Strauss-Kahn et quelques hommes de gauche
éclairés " souligne Fillon après que Sarkozy
ait annoncé sa volonté d'accentuer l'ouverture vers la gauche
Le
même Fillon rajoute " nous avons besoin, pour réformer
notre pays, d'une gauche moderne qui soit à l'image des autres gauches
européennes ". Les faits s'imposent et auront raison de
ces manuvres politiques qui, au final, auront accéléré
la naissance d'une nouvelle conscience de classe au sein du monde du travail.
Le désarroi passé, une nouvelle lucidité va émerger
de la confusion ambiante. Une profonde révolte naîtra quand la
tromperie apparaîtra en toute clarté, celle de la droite, bien
sûr et en premier lieu, mais aussi celle de cette gauche entièrement
intégrée au système, cette gauche " moderne ".
L'écrasante majorité que les législatives donneront à
la droite n'y changera rien, au contraire même. Les lendemains des élections
seront un nouveau moment de cette prise de conscience de la nécessité
pour les travailleurs et la jeunesse de se donner les moyens politiques de se
faire entendre, de peser dans la vie du pays avec leurs propres armes, celles
de la lutte de classe. Il n'y aura plus place pour les illusions : entre les
intérêts du monde du travail et les grands partis institutionnels,
y compris le PS, le divorce sera complet.
Cette victoire annoncée de la droite représente un nouveau et
sérieux recul, expression de la dégradation du rapport de force
sous la pression de la mondialisation financière et de la politique de
la bourgeoisie. Mais face à ce recul, la classe ouvrière garde
l'essentiel de ses forces pour inverser le cours des choses si, du moins, elle
sait tirer les enseignements des mécanismes sociaux et politiques qui
y ont conduit. Oui, la classe ouvrière garde toutes ses forces pour contre-attaquer,
et cela d'autant qu'elle saura tirer les leçons de la défaite
de l'ensemble des partis de l'ex-gauche plurielle, de leurs capitulations comme
de celles des directions syndicales. L'affrontement que Sarkozy voudrait éviter,
les travailleurs, eux, doivent s'y préparer.
Ce recul s'accompagne des progrès d'une nouvelle conscience de classe,
lucide sur le capitalisme et ses institutions comme les partis qui les servent.
C'est de ces progrès dont témoignent les scores électoraux
des révolutionnaires à la présidentielle. La défense
des intérêts du monde du travail, des mesures d'urgences sociales
et démocratiques ne peut être que l'uvre des travailleurs
eux-mêmes, nombreux sont ceux qui en ont pris confusément confiance.
Ils le disent en exprimant leur sympathie pour nous, dans les entreprises, les
quartiers ou les cités, à l'occasion des diffusions de tracts
ou des collages, lors des meetings d'Olivier, il est important qu'ils le disent
en votant révolutionnaire, en votant pour les candidats de la LCR.
Ce vote sera un encouragement pour toutes les initiatives de militants, de travailleurs,
de jeunes qui, chacun à son niveau, entendent se dégager de la
soumission, des capitulations pour relever la tête.
La tâche des révolutionnaires est d'aider, d'encourager ces initiatives,
de permettre qu'elles convergent autour des mesures d'urgence sociales et démocratiques
qu'Olivier Besancenot, comme Arlette Laguiller, ont défendu dans la campagne
de la présidentielle pour constituer un nouveau parti.
Une telle politique voudrait que nous soyons d'abord capables d'unir nos propres
forces, et l'on ne peut que regretter, soulignons le encore une fois, que dans
quasiment toutes les circonscriptions du pays les candidats de la LCR et ceux
de LO soient une fois encore en concurrence. Prétendre vouloir construire
un parti des travailleurs sans associer cette démarche à un militantisme
quotidien pour unir les forces autour du plan d'urgence conçu comme un
plan de mobilisation qui pose la question du gouvernement, du pouvoir, sans
une politique d'unité des révolutionnaires ne peut être
crédible. Ce serait une illusion sur soi-même voire un bluff.
Il y a urgence à dépasser les vieux clivages en concentrant la
réflexion et les énergies sur les voies et moyens de surmonter
les divisions.
La tâche de l'heure est d'unir les anticapitalistes, et voter pour les
candidats de la LCR sera la seule façon de voter révolutionnaire
tout en faisant pression pour l'unité.
Oui, les contre-pouvoirs à la droite ne pourront venir du parlement et
de la gauche institutionnelle mais bien des mobilisations et des luttes du monde
du travail intervenant sur le terrain politique. C'est pourquoi loin de céder
aux sollicitations des partis de la gauche institutionnelle, l'intérêt
des classes exploitées est de voter pour des candidats totalement indépendants
des pouvoirs en place, des institutions, du PS.
Face à la nouvelle offensive que le patronat et la droite ont lancée,
la seule protection, la seule défense ne pourra venir que de nous-mêmes,
de nos luttes sociales et politiques.
Ces luttes ne tomberont pas du ciel pas plus que des initiatives des directions
syndicales mais bien de notre action militante, concertée, réfléchie,
organisée à la base dans nos syndicats, nos associations, dans
les entreprises et les quartiers, au sein de la jeunesse en construisant les
liens militants nécessaires entre tous ceux qui veulent préparer
la riposte, un mouvement d'ensemble de la classe ouvrière.
Voter révolutionnaire, c'est dire que vous n'entendez pas vous plier
à la légitimité d'un pouvoir fabriquée par une démocratie
truquée. C'est dire que vous entendez agir pour votre compte sans laisser
dévoyer votre révolte, vos luttes, sans vous laissez utiliser
par des appareils qui font passer leurs propres intérêts avant
ceux des travailleurs et de l'avenir de la société.
Voter révolutionnaire, c'est dire que vous n'entendez pas laisser Sarkozy
se soumettre les organisations syndicales en échange de quelques concessions
aux appareils pour mieux les mettre à genou, les vider de toute force,
les empêcher d'organiser la nécessaire riposte.
Voter pour les candidats de la LCR, c'est dire que vous voulez prendre votre
place dans ce mouvement pour faire reculer la droite et le patronat, pour préparer
la contre-offensive du monde du travail. C'est dire que vous êtes de ce
parti des luttes dont les travailleurs ont besoin. Que vous êtes ce parti !
Yvan
Lemaitre
Pour
poursuivre le débat avec
les camarades de Lutte Ouvrière
Le numéro
de mai-juin de Lutte de classe développe l'analyse de Lutte Ouvrière
des résultats de l'élection présidentielle. Sans revenir
sur ce que nous pouvons partager, comme le fait que l'élection de Sarkozy
est une défaite électorale de la gauche mais pas une défaite
des travailleurs qui n'ont pas perdu de batailles majeures, il y a un certain
nombre de points qui nécessitent une discussion de fond entre militants
révolutionnaires.
D'abord sur la forme. Alors qu'Arlette Laguiller a passé la campagne
à expliquer qu'il faudrait additionner ses voix et celles d'Olivier Besancenot,
les articles visent à démontrer que si Olivier a gagné
des voix quand Arlette en a perdu ce serait, premièrement, que nous n'avons
pas le même électorat et, deuxièmement, que nous n'avons
pas fait la même campagne. Il suffit de regarder les résultats
électoraux pour se rendre compte que c'est dans les quartiers populaires,
des villes populaires (souvent PC ou PS), avec des pointes dans le Pas de Calais
ou la Picardie, qu'Olivier Besancenot a fait ses meilleurs scores, tout comme
Arlette Laguiller
Il y a donc toutes les raisons d'additionner nos scores
et de considérer que ce sont près de deux millions de personnes
qui ont voté pour le programme défendu par les révolutionnaires
avec, comme nous avons pu l'apprécier durant la campagne, un niveau d'adhésion
à nos propositions qualitativement supérieur aux campagnes précédentes.
Ce qui pose la question : que discuter maintenant avec ces électeurs
et électrices ?
L'analyse des camarades de LO repose sur l'idée que le recul d'Arlette
s'expliquerait par un " recul de la conscience de classe "
du monde du travail. Cette idée n'est pas nouvelle pour LO, puisqu'elle
remonte à la chute du Mur de Berlin et à l'éclatement de
l'URSS. Elle n'est certes pas entièrement erronée, mais posée
de façon unilatérale comme l'élément essentiel qui
détermine la situation, elle conduit à une vision déformée,
voire caricaturale. Elle ferme les yeux sur les contradictions qui sont à
l'uvre, ignore les points d'appui, les forces qui agissent dans le sens
d'une remontée des luttes.
Pourtant, comme il fallait bien avoir une position politique face à ces
évolutions qui ignorent les raisonnements de ceux qui devraient en être
les acteurs, en 1995 suite au score d'Arlette Laguiller (1,6 million de voix),
LO avait appelé à " la création d'un bien
plus grand parti que le notre, se plaçant résolument et uniquement
sur le terrain de la défense des intérêts politiques des
exploités " (LDC mai 1995). Dans le raisonnement
de la direction de LO, ce n'était qu'un appel sans lendemain possible.
Du fait de ce recul, les révolutionnaires ne pouvaient faire autre chose
que tenir le drapeau. La conséquence logique d'une telle position est
l'isolement et pas uniquement par rapport aux milieux militants. LO s'est certes
alliée avec la LCR aux Européennes de 1999 et pour les Régionales
et Européennes de 2004, mais elle ne l'a fait que dans le cadre étroit
d'un accord électoral, en fonction de ses seuls intérêts,
en cherchant à éviter que s'instaurent de réelles relations
militantes démocratiques entre les deux organisations.
En conséquence de ce recul, en dehors du travail dans les entreprises
pour reconstruire une conscience de classe, tout n'est que confusion réformiste,
que ce soit le mouvement altermondialiste ou les aspirations unitaires qui se
sont exprimées dans la campagne du NON au TCE. Comme si reconstruire
une conscience de classe n'était pas une question politique générale
qui passe par le débat public avec les autres forces du mouvement ouvrier
et en particulier le PC.
Sur cette question du PC, LO est très discrète, comme embarrassée.
Il y a là une certaine logique au sens où le recul de la conscience
de classe telle que LO le comprend est directement identifié au recul
du PC. L'analyse des causes de l'effondrement du PC, qui a abdiqué de
tout programme propre en cherchant à se débarrasser de l'étiquette
communiste au profit de la " gauche populaire et anti-libérale ",
au moment où l'extrême gauche maintient des scores supérieurs
globalement à 5 %, contraint à réfléchir pour
nuancer ce fameux recul, voire en contester le mythe. Cet effondrement clôt
une période dont les révolutionnaires qui ont gardé la
jeunesse de leurs idées n'ont aucune nostalgie. Il pose la question du
parti des travailleurs en termes nouveaux à l'ensemble du mouvement ouvrier.
Cette question devient l'objet d'un débat public face à la faillite
de la gauche et il serait ridicule de ne pas participer de façon offensive
à ce débat pour y apporter nos réponses. Les camarades
de LO ont une riche expérience à y apporter, elle est indispensable
au mouvement et nous espérons bien que nous réussirons à
les y entraîner.
Ce renoncement à mener les débats avec d'autres forces militantes
ne peut mener, sinon, qu'à tout voir de manière grise et uniforme.
Rien n'est nouveau, il n'y a pas de levier sur lequel agir : " Nous
avons choisi, il y a déjà longtemps, de nous adresser essentiellement
au monde du travail pour construire un parti révolutionnaire visant à
un changement social radical par la suppression de l'économie capitaliste
et la fin de l'exploitation du travail. Ce n'est certainement pas une tâche
gagnée d'avance. En fonction de la situation économique - chômage
ou plein emploi - ou politique - espoir fallacieux avec la gauche au pouvoir
ou désespoir si c'est la droite qui y est - le moral, la combativité,
la conscience de classe des travailleurs peuvent largement changer. En fonction
de cela, nos idées, nos propos, notre propagande trouvent plus ou moins
d'échos auprès d'eux. Nous le savons pour l'avoir vécu
bien des fois. C'est pour cela que nous ne désespérons pas, loin
de là, d'une banale défaite électorale et que nous continuerons
dans la même voie sans nous renier. " (LDC mai-juin
2007)
Et tout est pour le mieux dans le
plus mauvais des mondes, nous expliquent
nos docteurs Pangloss du mouvement révolutionnaire !
Les camarades de LO vont même jusqu'à opposer la " radicalité "
de la jeunesse sur laquelle Olivier Besancenot aurait surfé, à
la conscience de classe des fractions les plus exploitées du monde du
travail. Ils plaquent sur le monde leur propre préjugé d'une conscience
de classe mythique. Enfermés dans leurs propres raisonnements, ils ne
comprennent pas que la société n'est pas divisée en catégories
isolées les unes des autres. Et ils s'exaltent, justifiant leur magnifique
isolement, à l'idée d'un parti révolutionnaire qui sortira
on ne sait d'où, pour diriger les explosions sociales qui ne manqueront
pas de se produire, un jour, peut-être...
Ces raisonnements mettent les camarades de LO dans une contradiction problématique :
ils sont incapables de défendre publiquement cette analyse qui ne tient
pas la mer et qui les ferait passer pour des martiens auprès de leurs
collègues de travail ou même de leur milieu de sympathisants. S'ils
ne sortent pas de leurs constructions abstraites, ils ne pourront qu'aggraver
la logique désastreuse d'une politique dépassée par les
événements.
Il y a urgence que les camarades de LO se ressaisissent pour se coltiner les
réalités de la nouvelle situation politique et assumer les responsabilités
qui nous incombent.
En effet, si on peut considérer qu'en 1995, la possibilité d'avancer
vers la création d'un parti large commençait tout juste à
se poser, et que c'est à mettre au compte de LO de l'avoir fait, 12 ans
plus tard les conditions ont mûri et il s'agit de ne pas les laisser pourrir.
Alors qu'est-ce qui a changé depuis 1995 ? D'abord, dans le mouvement
syndical, si en novembre-décembre les directions syndicales, en particulier
celle de la CGT, ont prouvé leur capacité à conserver le
contrôle du mouvement, elles avaient cependant dû accepter et reconnaître
les AG initiées par des militants d'extrême gauche qui avaient
donné un cadre de discussion interprofessionnel aux secteurs les plus
mobilisés.
En 2003, la grève des enseignants a démarré dans des AG
où les militants révolutionnaires jouaient un rôle déterminant
pour coordonner la mobilisation. C'est cette grève reconductible qui
a imposé aux confédérations un calendrier de mobilisation
contre la réforme Fillon sur les retraites qu'elles avaient entérinée,
tout en ne pouvant dépasser le refus des directions syndicales de tenter
de généraliser les grèves enseignantes.
En 2006, les militants révolutionnaires ont également largement
contribué à construire la coordination qui a rythmé la
mobilisation de la jeunesse contre le CPE, gagnant ainsi la solidarité
des salariés.
Enfin la grève à Citroen-Aulnay de mars-avril a montré
comment une classe ouvrière mélangeant des jeunes des quartiers
assez proches de ceux qui s'affrontaient aux flics en novembre 2005 et des vieux
travailleurs usés mais pas brisés par l'exploitation, qui pour
des raisons différentes n'ont plus grand chose à perdre, ont su
construire un espoir collectif et peser dans la campagne des présidentielles,
même à 500, grâce aux militants révolutionnaires qui
leur ont offert des perspectives, c'est à dire une compréhension
des rapports de forces forgée à travers l'organisation démocratique
du comité de grève et des AG pour décider de leur action
étape par étape.
Ces 4 dates illustrent la place qu'ont prise les révolutionnaires dans
la construction des résistances sociales et politiques face aux attaques
du MEDEF. Elles mettent aussi en évidence une des questions militantes
à laquelle nous nous heurtons : comment passer outre l'inertie des
directions syndicales et trouver les cadres permettant la convergence des luttes
existantes. Et, puisque nous sommes tous d'accord sur le fait que l'opposition
à la politique de Sarkozy c'est dans la rue et les entreprises qu'elle
devra s'exprimer, nous faisons tous le pari que ce sont des milliers de militants
syndicaux et des dizaines de milliers de travailleurs qui vont se poser ce problème,
là, maintenant et avec nous. Comment aider ce processus qui est en cours
? En discutant d'un programme permettant de construire ces convergences et des
formes d'auto-organisation qui ne se laisseront pas paralyser par les cadres
des organisations syndicales. C'est d'autant plus évident que des collègues
ou des salariés se tournent vers ceux qui, dans les élections,
ont justement défendu des mesures d'urgence proposant des réponses
politiques unifiantes pour construire et développer les luttes.
Il nous faut donc faire le pas suivant qui découle de toute notre activité
de ces 12 dernières années : proposer aux militants, aux
jeunes, aux salariés qui s'intéressent au programme d'urgence
sociale et démocratique de s'organiser avec nous pour le défendre
sur leur lieu de travail, dans leur quartier, leur lycée ou leur fac.
Cela ne signifie pas nécessairement rejoindre la LCR ou LO, telles que
sont ces organisations aujourd'hui, mais se lancer dans une nouvelle aventure,
celle de la construction d'un cadre dans lequel les militants de nos organisations,
mais aussi des militants en rupture avec le PC ou prenant conscience qu'ils
ne peuvent plus se cantonner au seul syndicalisme se retrouveraient avec des
jeunes et des travailleurs décidés à se mettre à
la politique.
Les bases d'un tel parti pourraient " naturellement " être le
programme d'urgence comme réponse offensive aux attaques du gouvernement
et du MEDEF étroitement lié aux méthodes pour le mettre
en uvre, c'est-à-dire l'organisation du monde du travail pour imposer
son contrôle, donc hors du cadre institutionnel, parce que l'émancipation
des travailleurs sera l'uvre des travailleurs eux-mêmes.
L'ensemble des militants qui sont toujours " dans le camp des travailleurs
" sont confrontés à ces questions, et aucune organisation
ne peut prétendre constituer à elle seule la réponse pratique
à la construction d'un nouveau parti. Nous avons donc un besoin crucial
de discuter pour élaborer ensemble une nouvelle perspective dont le projet
nécessite de combiner la continuité avec les combats du passé
du mouvement ouvrier et les ruptures nécessaire pour écrire de
nouvelles pages dans une situation inédite, celle de la fin de la social-démocratie
et du stalinisme, qu'il n'y a pas à regretter. La jeunesse révoltée,
les travailleurs agressés ont besoin d'un nouvel instrument collectif,
d'un parti pour transformer la société, serons-nous capables de
participer ensemble à cette reconstruction ?
Cathy
Billard