| Débatmilitant | ||||||||||
| Lettre publiée par des militants de la LCR |
n°202
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4 septembre 2008
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| Taxer le capital, pour de bon! | ||||||||||
| Lutte ouvrière, la Fraction et le Npa | ||||||||||
| 70 ans après la fondation de la IVème internationale, faire fructifier les acquis du trotskysme | ||||||||||
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Taxer
le capital, pour de bon!
" Dans
un contexte où depuis plusieurs années les salaires progressent
beaucoup moins vite que les revenus du capital, [...] où l'on explique
aux salariés de tant d'entreprises qu'il n'y a pas de quoi augmenter
les salaires en bas et qu'au même moment, on augmente la distribution
des actions et les dividendes en haut, il n'est quand même pas anormal
que les revenus du capital soient mis à contribution pour revaloriser
le travail des plus démunis et des plus exclus "
dixit Sarkozy, le 28 août, annonçant la mise en place du RSA et
son financement par une soi-disant taxation des " revenus du capital ".
Ce vibrant plaidoyer pour la justice sociale n'a pas tardé à révéler
sa véritable nature : le "capital" qui sera taxé
est constitué, pour l'essentiel, des économies placées
par les salariés qui le peuvent, dans une assurance-vie, un complément
retraite, tandis que les plus riches, ceux qui accumulent les profits tirés
du travail des autres, en seront exonérés, à l'abri du
bouclier fiscal.
Quant à la prétendue " revalorisation du travail
des plus pauvres et des plus démunis ", c'est une nouvelle
imposture, en droite ligne du " travailler plus pour gagner plus " :
elle consiste à assurer aux patrons, par la carotte et le bâton
- l'incitation financière du RSA n'exclura pas les sanctions
en cas de refus d'offres d'emploi raisonnablement acceptables -
et sans que cela leur coûte un centime, une main d'uvre toujours
moins chère, contrainte d'accepter les temps partiels, la précarité
Loin de taxer le capital, Sarkozy fait l'inverse et en prime lui et son gouvernement
annoncent de nouveaux cadeaux fiscaux à l'adresse des patrons et des
plus riches. Ils envisagent même la suppression de l'ISF.
Sous prétexte " d'assurer la compétitivité
des entreprises ", ils poursuivent leur politique de " réforme ",
afin d'assurer les profits des plus riches en prenant toujours plus sur les
revenus des plus pauvres. C'est bien cette politique qui conduit à la
récession. Non seulement elle est injuste, rétrograde mais elle
conduit à un recul social considérable.
Car la récession est bien là. L'OCDE vient de réduire de
1,8 % à 1 % ses prévisions de croissance pour la France.
Et pourtant, les profits se portent bien. Les résultats des entreprises
du CAC40 pour le premier semestre sont certes en recul de 3 % par rapport
au 1er semestre de 2007, mais un recul très relatif. Le total des bénéfices
nets engrangés par ces 40 groupes est quand même de plus de 50
milliards d'euros ! Ce recul concerne essentiellement le secteur bancaire
et du bâtiment, tandis que les profits spéculatifs, liés
à l'augmentation du prix de l'énergie et des matières premières,
explosent : GDF-Suez, +17% de chiffre d'affaires et +20 % de résultat
d'exploitation ; Arcelor-Mittal, +31% de CA et +65% de profits
Parallèlement, les défaillances d'entreprises ont augmenté
de 15 % au premier semestre en France par rapport aux six premiers mois
de 2007, en particulier dans la construction (+36,7%) et le secteur de l'hôtellerie
(+28,2%). Une situation qui s'explique, d'après l'organisme qui a réalisé
l'enquête, par le fait que " l'envolée des coûts
des matières premières a grevé les marges dans plusieurs
secteurs, tandis que le ralentissement des demandes interne et externe excluait
une répercussion complète sur les prix de vente et freinait le
chiffre d'affaires ", par " l'affaiblissement de
la consommation des ménages "
Le développement de la crise s'accompagne d'une aggravation du chômage,
bien au-delà des licenciements massifs en cours à la CAMIF, Goodyear,
Sanofi-Alcatel, Peugeot, Renault
" Par secteur, l'industrie
continue de détruire plus d'emplois qu'elle n'en crée avec -0,3%
(-11 600 postes) sur le deuxième trimestre et -1,2% (- 44 000 postes)
sur l'année. Tout aussi inquiétante, la chute des effectifs dans
l'intérim (majoritairement dans l'industrie) : - 6,8% (45 200 postes)
sur le trimestre et -5,9% sur l'année (- 39 100 postes) "
écrit L'Usine nouvelle.
Les patrons " s'inquiètent " de la montée
chômage et de la crise, mais c'est bien eux, et le gouvernement à
leurs ordres, qui sont les seuls responsables de la récession qui se
développe. Elle est l'aboutissement de la recherche incessante des meilleurs
taux profits, qui conduit à produire toujours plus en utilisant toujours
moins de travailleurs, payés de moins en moins cher. Les profits s'accumulent
d'un côté, tandis que de l'autre se développe la précarité,
la misère. La grande masse de la population voit son pouvoir d'achat
diminuer. La spéculation sur les sources d'énergie et les matières
premières, l'augmentation des prix de denrées de première
nécessité, ont contribué à diminuer encore plus
ce pouvoir d'achat, alors que les conditions d'obtention d'un crédit
ne cessent de se durcir, conséquence de la crise du crédit qui
a ébranlé tout le système financier depuis un an. Des masses
de produits, de services ne trouvent plus preneur, faute de clients solvables.
La machine s'enraye, s'enfonce dans la spirale de la récession.
Les dernières réformes annoncées par le gouvernement, qui
consistent à tenter de faire payer les frais de la crise par la grande
majorité de la population tandis que les plus riches en seraient protégés,
auront pour effet de diminuer encore plus le pouvoir d'achat de la grande majorité
des consommateurs. Le " remède " n'est qu'une fuite en avant
qui, loin de freiner la récession, contribue au contraire à l'aggraver.
C'est une politique de classe non seulement cynique et injuste mais qui conduit
à un recul social généralisé.
A cette logique politique, il faut opposer la notre.
Oui, il faut taxer les revenus du capital, prendre sur les profits, pour augmenter
les revenus des plus pauvres, mais aussi de toutes les couches de salariés,
pour assurer à tous un travail rémunéré par un salaire
décent. Mais c'est au véritable capital qu'il faut s'attaquer,
imposer, par la lutte, une autre répartition des richesses accumulées,
en imposant le contrôle des travailleurs.
Sarkozy et ses amis les patrons ont tous les culots, ils nous présentent
leurs " solutions ", leur politique, comme une évidence
à laquelle nous ne pourrions échapper. Refuser leur chantage,
contester leur logique, imposer la défense de nos propres intérêts
de classe, en nous coordonnant, en nous organisant pour changer le rapport de
force politique afin de préparer les luttes à venir est la seule
réponse possible pour mettre un coup d'arrêt aux reculs sociaux
immédiats et à la récession.
C'est la seule politique qui réponde aux intérêts de toute
la société.
Eric
Lemel
Lutte ouvrière, la Fraction et le Npa
" Lutte Ouvrière vient de convoquer pour le 21 septembre
une conférence nationale réunissant un nombre de militants représentatif
de l'organisation, ainsi que les membres du groupe l'Etincelle s'ils veulent
y assister. Nous souhaitons en effet constater et rendre public l'état
réel de la situation existante entre l'ex majorité et l'ex minorité
qui se baptise toujours fraction de Lutte Ouvrière.
En effet, cela fait déjà longtemps que l'Etincelle agit indépendamment
de Lutte Ouvrière, même sur des terrains où une attitude
commune devrait prévaloir au sein d'un même parti, fraction ou
pas.
Cela s'est illustré lors de la campagne des élections municipales
où le groupe l'Etincelle a passé des alliances avec la LCR ou
avec des dissidents de Lutte Ouvrière, alors que cette dernière
avait décidé de refuser ces alliances (que l'Etincelle critique
notre attitude est une chose, mais qu'elle agisse séparément en
est une autre).
Enfin, plus récemment, l'Etincelle a affirmé son intention de
participer à la tentative de la L. C. R. de constituer un "Nouveau
Parti Anticapitaliste" et en conséquence a participé aux
réunions préparatoires de ce N. P. A.
C'est bien entendu son droit, mais c'est un choix qui est une rupture avec Lutte
Ouvrière qui a décidé de ne pas participer à cette
construction.
L'Etincelle voudrait avoir un pied dans deux partis différents, et cela
met fin à la fiction de l'Etincelle faisant partie de Lutte Ouvrière,
même en tant que fraction.
Nous ne sommes même pas en situation de pouvoir les exclure puisqu'ils
naviguent déjà sous leur propre drapeau avant même d'être
au N.P.A. " Tels sont les termes du laconique communiqué
du jeudi 21 août 2008 de la direction de Lutte ouvrière pour annoncer
qu'elle entendait passer de la "suspension" à la séparation,
c'est-à-dire l'exclusion définitive, sans attendre son congrès
de décembre qui était censé statuer sur le sort de la minorité.
La direction de LO ne semble pas souhaiter que la question du NPA s'invite à
son congrès en laissant la parole à sa minorité. Elle a
le cynisme de parler de " la fiction " de la fraction mais
qui donc a, depuis la naissance même de la fraction, voulu enfermer ces
camarades dans une fiction, bien réelle celle-là, de démocratie.
Dès le début, les droits que la direction de LO avait accordés
à la minorité étaient anti-démocratiques car ils
n'avaient d'autre objectif que de couper, d'isoler la minorité de l'ensemble
de l'organisation. Loin de viser à codifier de réels rapports
démocratiques visant à organiser la discussion et la collaboration
pour résoudre et dépasser les divergences, il s'agissait d'une
mise en fraction sans retour, forme d'exclusion permanente qui ne disait pas
son nom.
D'ailleurs l'année même qui suivait " la naissance de
la fraction ", la direction de LO excluait 10 % de l'organisation,
en particulier dissolvait les sections de Bordeaux et Rouen pour empêcher
que ne se déroule la discussion autour des implications qu'avait pour
LO l'appel d'Arlette à la construction d'un parti des travailleurs.
Dépassée par les événements, par son propre succès,
la majorité de la direction de LO abdiquait de son propre projet et faisait
alors le choix de censurer tout débat pour introduire dans son fonctionnement
un état d'exception permanent. Au nom d'une caricature de léninisme
elle imposait une discipline de pensée stérile.
Ce choix aboutit à une transformation de LO. L'organisation dont le sérieux,
le dévouement, la culture et le respect des autres militants savaient
forcer l'estime même de ses adversaires, celle qui après 68 avait
su défendre la perspective de l'unité des révolutionnaires
dans des rapports ouverts et démocratiques, celle qui avait un constant
souci de discuter avec les autres organisations, de militer aussi en direction
du mouvement trotskyste, de la IVème internationale en particulier, qui
avait su préserver une orientation indépendante de la gauche,
est devenue un groupe sectaire, atteint aussi de la maladie de tous les sectaires
l'opportunisme.
LO n'est plus l'organisation dans laquelle nous avons milité pendant
presque trente ans, à la direction de laquelle nous avons participé
jusqu'en décembre 96.
Dans le dernier BI qui a précédé notre propre exclusion
en avril 97, nous écrivions en réponse aux arguments-justifications
d'Hardy :
" Il y a aussi une logique des idées. Là aussi personne
n'y échappe, et surtout pas ceux qui pourraient être dupes de " leur
libre choix ". Bien sûr tout le monde est libre de commettre
des folies mais personne n'échappe aux conséquences de ses actes
comme des idées qu'il sème. Et déjà les six mois
qui viennent de se passer prouvent largement à quel point notre direction
se fourvoie.
Si les camarades dupes de l'argumentation sur la cohésion absolue de
l'organisation, comme quoi la simple existence de différents points de
vue menace l'unité et l'existence même de l'organisation qui ne
reposerait que sur l'autorité d'un seul, excluaient de l'organisation
les deux sections où nous militons, ils commettraient une folie dont
ils ne mesurent pas l'ampleur des conséquences. C'est un coup contre
eux qu'ils se porteraient.
Dans sa réponse à Jacques Morand, Hardy écrit en page 2
de son BI du 3/3/97, "Jaques Morand conclut en parlant de construire un
parti révolutionnaire, mais pour cela, il ne suffit pas de rassembler
ou d'essayer. Il faut savoir construire. Les camarades de la fraction ne l'ont
fait jusqu'ici qu'à l'abri de notre organisation, dont ils n'ont jamais
défini la politique et les structures.
Et, pour le moment, ils nous ont montré qu'ils savent détruire
car la responsabilité de la destruction, ce n'est pas nous qui l'avons
prise".
Mais qui parle de détruire, si ce n'est la direction qui, sans dire ouvertement
ses objectifs mène en sous-main une campagne pour l'exclusion de plus
de 70 camarades, une exclusion à propos de laquelle il n'est pas dit
qu'on ne veuille pas faire d'une pierre deux coups, ou qui de toutes façons
prépare la rupture avec la fraction ? N'est-ce pas la direction,
obnubilée par la défense de son prestige et de son autorité
qui prend la responsabilité de détruire notre organisation ?
Car c'est bien l'avenir de notre organisation qui est en train de se discuter.
Bien sûr, que les camarades de la fraction militent " à
l'abri " de leur organisation, la nôtre, comme chacun d'entre
nous, Hardy lui-même. Que serait-il sans nous tous, que sera-t-il demain
sans les 70 camarades de nos sections, sans la fraction peut-être ?
Voilà une question qui mériterait qu'on s'y attarde cinq minutes.
L'évolution accomplie ces derniers mois augure mal de l'avenir si nous
ne nous ressaisissons pas vite. Chaque nouveau pas vers l'irréparable
exigera sa justification, chaque justification de l'inacceptable se traduira
par un nouveau reniement, une nouvelle concession à des idées
et à des moeurs petites-bourgeoises. Et tout cela pour le prestige de
la direction ! Où est l'individualisme ? Et il n'y a pas pire individualisme
que celui qui se drape dans les grands principes moraux avant de justifier le
plus parfait cynisme. Des grands principes, au "tout est permis",
il y a moins qu'un pas, il y a un lien, l'hypocrisie de ceux qui ne disent pas
leurs objectifs.
Alors, camarades, il faut nous dire clairement ce que nous voulons. Nous avons
essayé de nous en expliquer au mieux. Pour notre part nous voulons militer
dans notre organisation sans renoncer le moins du monde à nos objectifs,
et avec tous nos camarades. Il faut que chacun puisse reprendre sa place et
que tout se discute. "
La logique politique a accompli son uvre, les justifications ont construit
progressivement une autre orientation, une autre organisation. L'exclusion de
nos camarades de la minorité représente une nouvelle étape
décisive dans ce processus.
Une décennie de transition est achevée. La direction de LO n'a
ni su, ni voulu, ni pu comprendre ce que signifiait l'effondrement de l'URSS
ni les bouleversements opérés par la mondialisation libérale
et impérialiste. Se jouant à elle-même son propre " Good
by Lénine ", arrêtée au cadran de l'horloge, la
majorité de sa direction n'a pas su s'engouffrer dans la brèche
qu'ensemble nous avions ouverte en 95. S'enfermant dans son propre piège,
elle désarme ses militants, détourne leur dévouement au
service d'une politique qui ne correspond en rien aux intérêts
du mouvement révolutionnaire, des travailleurs.
L'exclusion des camarades de la fraction est un mauvais coup, aux militants
de la Fraction, à tous ceux qui militent pour un nouveau parti anticapitaliste,
ceux de la Ligue communiste révolutionnaire comme à tous les autres.
C'est aussi un mauvais coup que se porteraient eux-mêmes les militants
de LO s'ils approuvaient le projet de leur direction.
Unir les forces, les expériences de tous ceux qui entendent défendre
les intérêts des travailleurs, changer cette société,
en finir avec le capitalisme, pour cela faire vivre les rapports démocratiques
nécessaires et indissociables de l'élaboration d'une stratégie
pour le mouvement révolutionnaire est la tâche du jour. Lui tourner
le dos au nom d'une prétendue orthodoxie trotskyste, preuve de faiblesse,
est préjudiciable à l'ensemble du mouvement. Mais personne ne
peut se protéger du débat, de la discussion, de la confrontation
politique, y échapper.
En atteste la place que bien des proches de Lutte ouvrière prennent dans
la bataille pour construire un parti des travailleurs.
La majorité de la direction de LO combat aujourd'hui ce qui fut son propre
projet en invoquant un trotskisme mythique, caricatural, sans contenu pour imposer
un régime interne antidémocratique. Pour notre part, nous restons
fidèles à nous-mêmes, à nos combats et nous sommes
convaincus que bien des proches, des sympathisants, des militants de Lutte ouvrière
prendront eux aussi leur place dans cette bataille, avec leurs idées
et expériences, si leur organisation elle-même ne se ressaisit
pas pour s'y inscrire.
Yvan
Lemaitre
70
ans après la fondation de la IVème internationale,
faire fructifier les acquis du trotskysme
Le 3 septembre
1938, dans une ferme de la banlieue parisienne, vingt-deux délégués
de onze pays (1), représentants environ cinq mille
militants dans le monde, proclament la IVème internationale. La conférence
se tient malgré la police politique stalinienne qui avait tout fait pour
l'empêche : espionnage, infiltrations, déportations, persécutions,
assassinats (2). Trotsky, astreint à résidence
au Mexique, ne peut pas être présent. Les délégués
adoptent comme programme le texte qu'il leur a proposé, L'agonie
du capitalisme et les tâches de la IVème internationale
(3), aussi connu comme Le programme de transition.
En faisant un retour sur cette fondation aujourd'hui, alors que la période
ouverte par la Révolution de 1917 s'est achevée avec l'effondrement
de l'URSS en 1991, la contre-révolution stalinienne étant allée
jusqu'à son terme, nous voulons revenir vers l'acquis immense et indispensable
qu'est le combat de Trotsky et de ses camarades pour nos tâches actuelles.
Certes, une page est tournée, nous ne sommes plus dans la même
période. Mais le trotskysme, en liant de façon indissociable le
combat pour la révolution et pour la démocratie dans le mouvement
ouvrier, contre le stalinisme, représente le seul courant qui a assuré
la continuité militante du marxisme révolutionnaire et démocratique.
Pendant ce temps, la social-démocratie confirmait sa rupture de 1914
avec ses origines révolutionnaires pour s'intégrer à l'ordre
bourgeois, tandis que le stalinisme faisait régner des murs criminelles,
au nom de l'intérêt de l'URSS, en rupture avec les acquis du mouvement
ouvrier.
Au moment où nous entreprenons la construction d'un nouveau parti anticapitaliste,
et où se posent en même temps la question d'une réponse
internationale aux dégâts de la mondialisation libérale
impérialiste, et la construction d'une nouvelle internationale, nous
avons besoin d'écrire notre propre filiation, continuité politique.
Tracer
une perspective alors qu'" il est minuit dans le siècle "
(Victor Serge)
En septembre 1938, le capitalisme entraîne de nouveau le monde vers les
horreurs de la guerre.
Dans cette décennie qui suit le krach boursier de Wall Street de 1929,
il a fait subir aux peuples du monde entier l'explosion de la misère,
du chômage, la faim et les privations liées à l'effondrement
de la production. L'Allemagne, l'Italie, le Portugal, la Hongrie sont sous la
botte des régimes fascistes et nazis. Franco est en train de l'emporter
en Espagne. La 2nde guerre mondiale est en fait déjà commencée
en Asie, avec l'invasion de la Mandchourie par le Japon impérial. Le
30 septembre 1938, à Munich, les représentants des vieilles puissances
impérialistes, Chamberlain et Daladier, se mettent à genoux devant
Hitler et Mussolini, tout en sachant que la guerre aura quand même lieu.
Léon Blum glose, partagé entre " un lâche soulagement
et la honte "
En URSS, la bureaucratie stalinienne conforte son pouvoir : des millions
de paysans ont été déplacés de force, la classe
ouvrière est sous le joug, les opposants sont déportés
ou exécutés. La démocratie soviétique est un lointain
souvenir : les élections sont sous contrôle de l'appareil
d'Etat et du Parti, les soviets n'ont gardé que leur nom. La sinistre
comédie des procès de Moscou qui met en scène le reniement
de tous les anciens dirigeants se répète depuis 1936, avec l'approbation
des grandes puissances. Quant à l'Internationale communiste, la IIIème,
fondée pendant la vague révolutionnaire d'après 1917, elle
est mise au pas par l'appareil stalinien, servant de relais aux intérêts
politiques et diplomatiques des usurpateurs de la révolution.
Après la défaite des travailleurs allemands en 1933 face à
Hitler, dont l'IC porte une responsabilité immense, les derniers sursauts
de la classe ouvrière dans les années 30 s'éteignent sans
perspectives, ou sont brisés avec la complicité de l'IC -dont
la politique avait déjà conduit, en 1927-28, à l'écrasement
de la révolution chinoise- (grandes vagues de grève aux USA, grève
générale en France en 1936, révolution espagnole en 36,
grèves et révoltes dans les colonies).
De 1923 à 1933, les militants de l'opposition de gauche,
qui ont été plus de dix mille en URSS, avaient milité pour
un " Cours nouveau " (4), transformer
le parti et l'internationale de l'intérieur, en menant bataille pour
la démocratie dans le parti, pour l'égalité sociale, et
contre la théorie conservatrice du " socialisme dans un seul
pays " de Staline et Boukharine en 1924, en rupture complète
avec les idées internationalistes du bolchevisme. L'opposition de gauche
formulait la nécessité d'une " révolution politique "
(l'état est " ouvrier ", la révolution d'octobre,
sociale et politique, a déjà mis fin à la propriété
bourgeoise, il faut maintenant une révolution pour faire revivre les
soviets et remplacer le régime bureaucratique) et réaffirmait
la perspective communiste d'extinction de l'Etat. Le critère déterminant
de l'avancée vers le socialisme, ce n'est pas seulement l'étatisation
de l'économie mais bien l'intervention démocratique des masses,
le contrôle et la direction qu'elles exercent sur toute la marche de la
société.
Avec la tragédie de 1933 en Allemagne, sans aucune réaction de
l'IC, pour Trotsky, il n'y a plus rien à espérer de ce côté-là.
Les " bolcheviks léninistes ", comme s'appellent
les trotskystes à ce moment là, doivent changer de stratégie,
il n'y a plus de réforme possible de l'IC. Trotsky et l'opposition de
gauche lancent alors le processus de constitution de la IV, en poursuivant les
discussions avec tous les révolutionnaires antistaliniens, courants comme
militants isolés.
En 1938, l'approche de la guerre en Europe leur impose d'accélérer
le processus avant que tout soit balayé. L'urgence est de planter un
nouveau drapeau, affirmer une perspective politique pour que la classe ouvrière
s'en empare, dans l'espoir d'une vague révolutionnaire en réaction
à la guerre. La continuité des idées révolutionnaires
et démocratiques en dépend, l'acquis du mouvement ouvrier et du
marxisme, au moment où celui-ci est prostitué par les serviteurs
de Staline, qui en font un dogme sans principes, utilisé pour tout justifier.
Les acquis de Lénine aussi, contre tous ceux qui l'ont
momifié en prétendant qu'ils en étaient les continuateurs.
Le combat engagé depuis 1923 par l'opposition de gauche contre la bureaucratisation
est bien indispensable pour porter une perspective révolutionnaire (5).
La
révolution trahie, ou pourquoi le stalinisme a-t-il vaincu ?
Au cours de cette bataille, Trotsky forge l'explication aboutie de l'évolution
de l'URSS, de la rupture contre-révolutionnaire qu'est le stalinisme,
dans un ouvrage intitulé La révolution trahie (6).
Depuis les années 20, il y a toujours eu nombre d'historiens pour expliquer
que Staline vient de Lénine, que la dictature naît toujours de
la révolution, voire pour ramener ces problèmes à de vagues
raisonnements sur la psychologie personnelle des dictateurs. Trotsky sait qu'il
est vital de leur opposer une explication réellement historique, pour
ne pas laisser les militants révolutionnaires sans recours pour poursuivre
la lutte pour l'émancipation, face à la bourgeoisie, et aussi
maintenant face à la bureaucratie, même s'il ne les met pas sur
le même plan et qu'il faut défendre " l'état ouvrier
dégénéré ", c'est-à-dire malgré
la dégénérescence, les acquis de la révolution.
Trotsky applique à ces événements la méthode du
marxisme, cherchant les explications dans la dynamique des rapports de forces
entre les classes, à l'intérieur de l'URSS, mais aussi avec les
puissances impérialistes. Il montre qu'il est impossible de comprendre
la dégénérescence de la révolution sans remonter
à la guerre civile, qui dès 1918, oblige le tout nouveau régime
soviétique à mobiliser toutes ses forces pour sa survie (une armée
de cinq millions de soldats est constituée en quelques mois), alors que
l'échec de la révolution allemande et le reflux de la vague révolutionnaire
des années 20 vont le laisser dans un isolement total. La cause première
est là, dans cet acharnement de l'impérialisme pour isoler et
briser la révolution.
Trotsky peint le tableau d'ensemble du nouveau système, en commençant
par la nature particulière de la bureaucratie dans ce nouveau système
économique. Il fait le lien entre la militarisation du régime,
la disparition effective de la vie démocratique dans les soviets, les
forces les plus conscientes étant mobilisées sur le front, le
très faible développement de la culture et de l'alphabétisation,
l'absorption totale des militants dans les tâches d'organisation de toute
l'économie. La misère et la famine renforcent le rôle du
gendarme pendant la guerre civile. Puis, quand l'économie redémarre,
c'est la logique de l'appropriation individuelle qui reprend de la vigueur,
encouragée par Staline et Boukharine qui espèrent s'appuyer sur
les gros paysans avec leur " koulaks enrichissez-vous " (1925).
Tout " le vieux fatras ", pour reprendre l'expression d'Engels
désignant les rapports sociaux bourgeois et féodaux, resurgit :
domination et soumission, démoralisation, religiosité, oppression
des femmes
tandis que le pouvoir se félicite des résultats
de la planification et prétend aller au communisme en quelques années.
Avec La révolution trahie, Trotsky montre la rupture entre révolution
et contre-révolution, et explique que la logique du pouvoir de la bureaucratie,
cherchant à perpétuer ses privilèges, si elle n'était
pas renversée par une intervention des travailleurs, ne pourrait conduire
qu'à une contre-révolution et à la réintroduction
du capitalisme.
Loin d'imaginer qu'il faudrait des décennies pour ce processus, durée
qui plaide pour la révolution et l'extraordinaire profondeur de ses acquis,
il conclut sur l'idée qu'une " nouvelle révolution
est inéluctable " : " L'arbitraire bureaucratique
devra céder la place à la démocratie soviétique.
Le rétablissement du droit de critique et d'une liberté électorale
véritable sont des conditions nécessaires du développement
du pays. Le rétablissement de la liberté des partis soviétiques,
à commencer par le parti bolchevique, et la renaissance des syndicats
y sont impliqués. [
] Les entreprises somptuaires, Palais des Soviets,
théâtres nouveaux, métros construits pour l'épate,
feront place à des habitations ouvrières. [...] La jeunesse pourra
respirer librement, critiquer, se tromper et mûrir. La science et l'art
secoueront leurs chaînes. La politique étrangère renouera
avec la tradition de l'internationalisme révolutionnaire. ".
Le
Programme de transition, un point d'appui irremplaçable pour l'avenir
C'est la même perspective qui anime toujours les fondateurs de la IV en
1938, mais lorsqu'ils adoptent le Programme de transition, les conditions
se sont profondément aggravées. La proclamation de l'internationale
fait d'ailleurs débat. Contrairement aux autres internationales ouvrières,
c'est la première fois qu'une internationale se construit dans une situation
de recul. Le problème est au cur du programme, dès la première
phrase : " La situation politique mondiale dans son ensemble
se caractérise avant tout par la crise historique de la direction du
prolétariat ", visant la complicité de la social-démocratie
dans la montée à la guerre, et de la bureaucratie stalinienne
qui l'année suivante signera un pacte de non-agression avec Hitler.
Ce programme, daté car écrit pour l'immédiate période
d'urgence avant la guerre, reste un apport indispensable, dans sa conception
et sa méthode, pour concevoir un programme faisant le lien entre les
revendications immédiates, d'urgence, des travailleurs, et la perspective
de leur prise du pouvoir. Dans la continuité du marxisme, le programme
réaffirme l'indépendance vitale de l'organisation des travailleurs
vis-à-vis de la bourgeoisie, de ses institutions et partis.
Ce programme est conçu pour être modulé, adapté,
à chaque situation nationale, selon l'état de la lutte des classes,
des rapports de forces. C'est pour cela qu'il explicite sa propre méthode,
pour aider chaque groupe militant à faire le lien entre la lutte des
classes immédiates et la révolution, méthode pleinement
d'actualité quand nous formulons aujourd'hui un plan pour l'urgence sociale,
démocratique et écologique : " Il faut aider
les masses, dans le processus de leur luttes quotidiennes, à trouver
le pont entre leurs revendications actuelles et le programme de la révolution
socialiste. Ce pont doit consister en un système de revendications transitoires,
partant des conditions actuelles et de la conscience actuelle de larges couches
de la classe ouvrière et conduisant invariablement à une seule
et même conclusion : la conquête du pouvoir par le prolétariat. ".
Par exemple, il part du problème de la lutte pour les salaires et le
temps de travail, contre le chômage, pour formuler la perspective des
comités d'usine, du contrôle ouvrier sur l'économie, jusqu'à
l'armement des travailleurs. Le texte est écrit vingt-et-un ans après
1917, le pouvoir des travailleurs, la révolution des soviets, sont alors
pour des millions de travailleurs et de jeunes une réalité encore
proche.
Toujours dans le but immédiat de guider l'action des sections de la IVème
internationale, il formule des repères sur la question de la défense
des droits démocratiques, contre le carriérisme et l'adaptation
à l'Etat, pour le front unique, contre le sectarisme d'organisations
repliées sur elles-mêmes " pour ne pas s'exposer à
la tentation "
L'heure est d'aller vers les masses, la jeunesse,
les femmes travailleuses pour construire une nouvelle direction révolutionnaire
: les deux sont indissociables.
La bureaucratie stalinienne ne s'y est pas trompée, voyant le danger
mortel que représentait pour elle la réaffirmation d'une perspective
révolutionnaire pour les travailleurs du monde entier. Elle n'a fait
que déchaîner davantage encore sa haine meurtrière, multipliant
les traques et les assassinats, jusqu'à celui de Trotsky en août
1940.
De
l'après-guerre à l'effondrement de l'URSS, le courant trotskyste
survit à la pression stalinienne
L'épreuve terrible de la guerre, le front, les camps, les pressions de
la propagande qui prétend qu'il s'agit de la guerre de la " démocratie
contre le fascisme " relayée dans le mouvement ouvrier par
tous les appareils staliniens et sociaux-démocrates, les méthodes
de gangsters, affaiblissent durement la IVème internationale naissante.
L'espoir que la révolte contre les souffrances de la deuxième
guerre impérialiste déboucherait sur une nouvelle montée
révolutionnaire cède la place à une dure réalité.
Le recul du mouvement ouvrier continue malgré les révoltes de
la classe ouvrière contre le carcan stalinien, la puissante vague des
luttes d'émancipation nationale contre la domination coloniale. De nouveaux
problèmes politiques se posent, suscitent débats, crises :
- Comment analyser l'URSS après Yalta, alors qu'elle s'entend avec
les impérialismes victorieux pour se partager le contrôle du monde
et empêcher toute flambée révolutionnaire après la
guerre ? Comment dans ces conditions, défendre l'URSS et les acquis de
la révolution ?
- Que sont les Etats des pays de l'Est nés de ce partage du monde,
annexés par l'Etat soviétique qui impose une étatisation
de l'économie sans révolution ouvrière ?
- La solidarité avec les révoltes et révolutions des
peuples colonisés va-t-elle jusqu'au soutien des Etats, souvent militarisés,
nés de ces mouvements d'émancipations nationales, parfois sous
le drapeau du communisme, comme en Chine ?
- Comment militer dans un mouvement ouvrier entièrement contrôlé
par le stalinisme et la social-démocratie, au moment où la croissance
économique du capitalisme redonne du crédit aux illusions réformistes ?
Comment se lier aux travailleurs dans cette situation ? La question de
l'entrisme ?
Malheureusement, la IVème internationale, déjà divisée,
n'était pas un cadre suffisamment large et démocratique, collectif,
lié aux classes ouvrières des différents pays, pour élaborer
des réponses politiques, les mettre en uvre pragmatiquement, de
façon militante, en tirer les leçons, les rediscuter.
C'est bien de son isolement vis-à-vis de la classe ouvrière que
viennent les faiblesses des différents courants se réclamant d'elle.
Cette faiblesse générale en a entraîné bien d'autres.
La petitesse des organisations transformait souvent les débats sur des
divergences en points de rupture. Sous la pression que le stalinisme imposait,
obligeant ceux qui le combattaient à se déterminer par rapport
à lui, les analyses aboutissaient à des résultats surprenants.
Ainsi, une partie de la IV vit dans les dictatures bureaucratiques de l'est
une nouvelle forme d'Etats ouvriers, alors qu'il n'y avait eu aucune révolution
ouvrière.
De même, sur le plan organisationnel, la logique des divisions qui ont
si longtemps été l'objet de plaisanteries, fut le prix de cet
isolement. Les trotskystes, maintenus en marge de la classe ouvrière,
ne pouvaient vérifier le contenu et les conséquences de leurs
débats, de façon militante. Déterminés à
tenir face aux pressions, les uns ou les autres pensaient que céder sur
un point pouvait provoquer la perte de tout. Dans cette logique, la rupture
avec ses camarades pouvait paraître moins grave que de prendre le risque
de tout lâcher. Il faut dire que sans prise réelle avec la lutte
des classes, il était bien difficile de distinguer dans les débats
l'essentiel du secondaire, ce dernier prenant parfois le dessus, dans des proportions
hors d'un enjeu réel sur le terrain des luttes.
Au-delà de ces faiblesses et difficultés, le vrai succès
du courant trotskyste est d'avoir toujours refusé de s'adapter, au stalinisme
comme au système bourgeois, et d'avoir maintenu, malgré tout,
la continuité des idées, le fil rouge du mouvement ouvrier, du
marxisme. C'est cela qui explique qu'au moment où s'effondrait l'URSS,
en 1991, entraînant avec elle les derniers PC existant encore, le courant
trotskyste a pu surmonter cette nouvelle crise.
Notre
continuité
Le stalinisme s'est effondré sous le poids de ses propres contradictions,
la bureaucratie aspirant à pérenniser définitivement ses
privilèges en réintroduisant la propriété privée
des moyens de production pour son propre compte.
Pour le mouvement trotskyste, il ne s'agit pas seulement de surmonter une nouvelle
crise, mais bien d'ouvrir une nouvelle perspective. Cela lui impose une profonde
mutation. Les conditions de la lutte ont changé. La longue période
de recul qui l'avait condamné au rôle d'opposant au stalinisme,
marginalisé dans la classe ouvrière, est terminée, libérant
les possibilités de travailler à la nécessaire renaissance
du mouvement ouvrier.
En même temps qu'il cesse d'exister comme opposant aux réformismes
sociaux-démocrates ou stalinien, s'offre à lui un nouveau rôle
essentiel à jouer, répondant aux besoins de la nouvelle période
: faire la critique du point de vue révolutionnaire de la mondialisation
libérale et impérialiste, en montrant que ses contradictions développent
les forces pour changer le monde ; formuler une politique pour les militants,
qui, quel que soit leur passé, veulent agir pour la révolution
et le socialisme ; construire de nouveaux partis anticapitalistes, regroupés
dans une nouvelle internationale, cadre large et démocratique dépassant
les clivages hérités du passé. Le courant trotskyste peut
jouer ce rôle, parce que, bon an, mal an, il a su préserver et
développer les idées de la lutte de classe, du marxisme démocratique
et révolutionnaire.
Pour prendre ces initiatives, il nous faut intégrer pleinement cette
nouvelle situation et comprendre qu'elle nous transforme nous-mêmes. Sans
hésiter, il faut pousser cette mue à son terme. C'est cette transformation
profonde qu'exige la construction du nouveau parti anticapitaliste. Il s'agit
de la mener au bout, pour être en phase avec la contestation large, profonde,
qui grandit dans la jeunesse et le monde du travail. Cela signifie aussi assumer
entièrement l'histoire de la lutte des marxistes révolutionnaires,
s'approprier ses expériences, ses idées, pour se donner les moyens
d'en tracer la continuité. Mais c'est aussi savoir investir nos acquis
dans des cadres de regroupements anticapitalistes et révolutionnaires
au niveau européens et international bien plus larges que les différentes
moutures de regroupements internationaux trotskystes existants aujourd'hui.
Et pour cela, aussi réussir à se dégager des sectarismes
pour travailler à l'unité de tous ceux pour qui le trotskisme
signifie d'abord et avant tout la lutte pour la démocratie ouvrière,
la conquête de la démocratie par les exploités, les opprimés
pour leur propre émancipation.
Franck Coleman
1
- Allemagne, Belgique, Brésil, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Grèce,
Hollande, Italie, Pologne, URSS. Il y avait aussi deux observateurs autrichiens.
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2
- Un agent de Staline est d'ailleurs présent à la conférence
de fondation, lui faisant aussitôt un compte-rendu. Retour
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3
- Rédigé par Trotsky et essentiellement discuté avec les
militants américains, on peut le lire en ligne par exemple à http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/trans/tran.htm
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4
- Titre d'un long article de Trotsky publié dans la Pravda en 1923, où
il engage publiquement la bataille contre la bureaucratisation (http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/coursnouveau/cn.html)
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5
- Trotsky écrit dans son Journal d'exil en mars 1935 : " ce que
je fais maintenant est dans le plein sens du mot "irremplaçable".
Il n'y a pas dans cette affirmation la moindre vanité. L'effondrement
de deux Internationales a posé un problème qu'aucun des chefs
de ces Internationales n'est le moins du monde apte à traiter. Les particularités
de mon destin personnel m'ont placé face à ce problème,
armé de pied en cap d'une sérieuse expérience. Munir d'une
méthode révolutionnaire la nouvelle génération,
par-dessus la tête des chefs de la Deuxième et de la Troisième
Internationale, c'est une tâche qui n'a pas, hormis moi, d'homme capable
de la remplir. Et je suis pleinement d'accord avec Lénine (ou plutôt
avec Tourguéniev) que le plus grand vice est d'avoir plus de cinquante-cinq
ans. Il me faut encore au moins quelque cinq ans de travail ininterrompu pour
assurer la transmission de l'héritage ".
http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/journal/journal_tabmat.htm)
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6
- Paru en 1936, encore disponible aux Editions de Minuit, ou en ligne http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp.htm
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